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27.03.2007

ATTENTION, NOUVEAUTE !

7 Highlight Street est un site de vidéo à la demande qui se pose comme une cinémathèque d’un genre original : il propose des films de grande qualité, parfois primés dans des festivals pourtant prestigieux, et pourtant inédits et rarement visibles ailleurs.

Suite à son ouverture récente, ce site propose
une « avant-première », opération promotionnelle qui aura lieu le jeudi 5 avril : le film « Far from Sunset Boulevard » de Igor Minaiev récompensé par de nombreux prix sera en accès gratuit de 18h30 à 21h30.

Ne manquez pas cette occasion exceptionnelle de découvrir une nouvelle plateforme qui séduira à coup sur de nombreux cinéphiles !

Pour plus d’infos, consultez le site : 7hls.com

A venir sur +2ciné : un article détaillé sur le site 7hls dans la rubrique « Liens utiles ».

16.03.2007

LE MOUVEMENT DES IMAGES

L3 - ESTHETIQUE: CINEMA ET AUTRES ARTS

Dans le but de faciliter et partager l'accès des étudiants en Arts du spectacle aux notions étudiées, +2CINÉ met en ligne le contenu de certains exposés proposés à l'oral en cours de TD. Attention, ils ne prennent pas en compte les remarques des enseignants et des possibles reprises ultérieures. En effet, (et pour répondre à certains commentaires), la mise en ligne de ces dossiers n'a pour seul ambition que de permettre aux étudiants de compléter leurs notes après une séance. Ils sont censés connaître les remarques formulées par l'enseignant concernant le fond et bien plus souvent la forme. Ils permettent de proposer également aux étudiants à venir une des pistes de reflexion possibles face à un sujet, et non la clé absolue. Ces dossiers ne remplacent pas un cours. Et il ne s'agit en aucun cas de les induire en erreur. Bien au contraire. Mais plutôt de valoriser et mettre en commun les nombreuses recherches effectuées (rien qu'en terme de bibliographie par exemple) dans le cadre d'un excercice. L'exercice par définition a ses limites, notamment en terme de temps. Donc de possibles erreurs ou imprécisions peuvent s'y glisser. Personne n'est parfait...

En l'occurence, il s'agit ici d'un sujet écrit qui a été remanié, et dont voici l'introduction:

LE MOUVEMENT DES IMAGES

Les pratiques artistiques ont évolué selon les époques en reprise ou en opposition avec un mouvement qui les a précédées. Mais au XXème siècle, un nouvel élément a bouleversé le paysage: le cinéma. Les artistes contemporains ont donc cherché à intégrer cette nouvelle pratique, tout comme le cinéma lui-même s'est intégré à l'histoire dont il participe. Le cinéma intègre la catégorie des arts visuels auxquels il ajoute de nouvelles dimensions.
L'art contemporain s'attache à explorer les interactions entre le cinéma et les arts visuels, notamment par le biais de nouveaux moyens d'exposition. Ainsi, nous évoquerons deux expositions du Centre Pompidou: Hitchcock et l'art (2001) et Le Mouvement des Images (2006) pour éclaircir les liens qui unissent les oeuvres entre elles.
Comment s'articule ces relations entre cinéma et autres arts visuels (peinture, photographie, arts plastiques, architecture, design...) ? Quels sont les apports de l'un à l'autre ? Comment la rencontre entre cinéma et arts visuels dans un lieu d'exposition bouscule les repères spatiaux et temporels ?

Pour lire la suite:
le_mouvement_des_images.PDF

15.03.2007

TRISTE, JEAN-BAPTISTE ? par Charlotte Godard

medium_moliere.2.jpg


A 22 ans, Molière est emprisonné pour dettes, pourquoi Monsieur Jourdain n’aurait-il pas réglé l’ardoise ?




Molière de Laurent Tirard

Et si Molière avait réellement rencontré les personnages de ses pièces : Monsieur Jourdain, Célimène, Dorante…, c’est l’hypothèse originale que développe Laurent Tirard dans Molière son deuxième long métrage : Après Mensonges et trahisons…, le jeune réalisateur explore ici un monde bien différent de celui des bobos trentenaires ; et en s’attaquant au film d’époque, avec un certain panache, il nous démontre l’étendue de ses talents et la diversité de ses sujets.
Romain Duris, (les cheveux longs, la moustache fine et l’œil de velours), campe un Jean-Baptiste Poquelin tel qu’on se l’imagine : charmant, charmeur, intelligent et spirituel. S’il est vrai que l’on éprouve quelques difficultés à croire que Molière ai pu douter de son talent comique et ai voulu se cantonner dans des rôles tragiques, on se laisse prendre au jeu, et l’on a parfois peur qu’il ne se décide jamais à se tourner vers la farce et la comédie.
Si Romain Duris est brillant dans le rôle principal, on peut également attribuer une mention spéciale à Fabrice Luchini et à Edouard Baer (ce dernier réussissant peu à peu à faire engager toute sa troupe dans les films dans lesquels il joue, soyez attentifs…) pour qui L. Tirard a poussé le vice jusqu’à leur attribuer des rôles de mondains parlants trop qui se confondent parfois avec leur propre façon d’être, en tout cas ce que l’on en sait…
Alors n’hésitez plus, et laissez vos pas vous guider vers le cinéma le plus proche, vous passerez un agréable moment en compagnie de certaines des plus grandes stars du Théâtre Français.

COMMENT FAIT-ON UN FILM? par Quentin C.

medium_10-canoes-150-lances-et-3-epouses.jpgC’est avec 10 canoës, 150 lances et 3 épouses que Rolf de Heer nous fait oublier sa traumatisante adaptation d’un excellent roman de Luis Sepùlveda réalisée en 1999. (Ne regardez pas Le Vieux qui lisait des romans d’amour, lisez-le.)




10 canoës, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer

La sobriété et le calme avec lesquels il explore le passé aborigène (outrageusement malmené par Jane Campion dans sa Leçon de piano) participent à la mise en valeur de tensions dégagées par les sentiments des personnages (jalousie, haine, convoitise, détresse…) ou par la cruauté des coutumes ancestrales dépeintes ainsi qu’à l’efficacité de saynètes hilarantes tout en évitant la froideur clinique et semi-condescendante que réservait le cinéma de Jean Rouch aux Africains.
C’est en enchâssant trois récits (un narrateur présente en voix-off le dialogue de deux frères – Ridjimaril racontant une histoire à son cadet Dayindi) que l’œuvre alterne la fabrication de canoës aborigènes par les deux hommes et la mise en images des paroles de l’aîné.
Ainsi la partie « documentaire » de l’œuvre (exposant les techniques de récolte et le transport d’écorces d’arbres puis le traitement du bois avant la confection des embarcations) distille une fiction qui contient elle-même la présentation d’éléments propres à la culture aborigène (rites, habitudes, traditions, etc.). On frôle dangereusement un didactisme mal-venu lorsque, par exemple, une voix-off intervient au cours d’une cérémonie funéraire pour commenter des plans extraordinaires dont le spectateur ne peut savourer pleinement l’élégance, régulièrement harcelé par des précisions que l’éloquence des images rendent inutiles et indigestes, presque grossières.
L’une des principales erreurs du film consiste donc à dépouiller ses plus belles scènes de leurs mystères. Outre ces petits désagréments, Rolf de Heer livre une œuvre poétiquement méta-filmique*. Ne peut-on voir les segments d’écorces de bois transportés par les aborigènes comme les différents plans constituant un film une fois mis bout à bout? Morceaux de vérité prélevés sur les troncs des arbres précisément lorsque débute la fable du conteur Ridjimaril puis assemblés pour former à partir de coutumes, de traditions ayant réellement existé une fiction lyrique et sensible qui nous fait accompagner des personnages tantôt désopilants, tantôt d’une dignité impressionnante jusqu’à leur accomplissement; parfois jusqu’à leur mort. Des morceaux de bois dont la forme (de longues bandes plates) rappelle étrangement celle de la pellicule, destinés à la fabrication de moyens de locomotion pour naviguer sur des rivières où se rassemblent les âmes des aborigènes après trépas. Les mouvements de caméra suivant les cours d’eau ainsi peuplés invitent le spectateur à prendre place dans une embarcation aborigène et à se laisser entraîner par le courant.
[Reste à déplorer un sous-titrage horripilant: caractères blancs sur fond blanc.]

(*Méta-filmique: qui renvoie au processus de fabrication d’un film. Exemple: Le Mépris de Jean-Luc Godard, avec Brigitte Bardot, est un méta-film.)

Générique:
Réalisation: Rolf DE HEER
Scénario: les habitants de Raminigining et Rolf DE HEER.
Interprétation: Crusoe Kurddal (Ridjimaril), Jamie Dayindi Gulpilil Dalaithngu (Dayindi et Yeeralparil), Richard Birrinbirrin (Birrinbirrin), Peter Minygululu (Minygululu), Frances Djulibing (Nowalingu), David Gulpilil Ridjimaril Dalaithngu (le Narrateur).
Titre original: Ten canoes
Durée: 1h31
Origine: film australien
en couleurs/noir et blanc.

PAS DE BOL POUR LE DRAGON, par Pirate

medium_eragon.jpgAdapté du premier roman de la trilogie de L’Héritage de Christopher Paolini, Eragon est un échec franc et un film bien loin de la qualité du roman dont il est l’adaptation. Truffé de non sens et de choix plus que discutables, on peut se demander si ce film ne nuira pas aux romans.
Quel dommage pour le dragon…



Eragon de Stephen Fangmeier

Résumé
Il y a bien longtemps, sur les terres d’Alagaësia, la fière lignée des dragonniers chevaucheurs de dragons, était garante de la paix et de la prospérité…
Mais tout à bien changé depuis que Galbatorix, après avoir trahis les siens et entraîné la disparition des dragons, règne en tyran sur l’empire d’Alagaësia.
Pourtant, quelques peuples résistent encore ; les Vardens, les nains et les elfes.

L’histoire commence par une nuit sombre dans une forêt. Une délégation d’elfes a volé une pierre, précieuse aux yeux de Galbatorix et, poursuivis par ses sbires, tentent de fuir au triple galop. Mais bien vite les elfes se font prendre dans une embuscade et dans un dernier espoir la belle Arya use de ses pouvoirs magiques. Non loin de là, le jeune Eragon chasse quand tout à coup il découvre une étrange et grosse pierre bleue à ses pieds. Il ramène l’étrange objet chez lui et c’est alors que la pierre se met à bouger, se casse et qu’Eragon assiste à la naissance d’une jolie dragonne bleue, Saphira. Cependant, le jeune homme ignore encore ce que cette naissance signifie. Un dragon ne naît que pour celui ou celle qu’il a choisis, son futur dragonnier.
La lignée vient de renaître, ce qui n’est pas du goût de Galabatorix qui va traquer Eragon dans tout l’empire…

Comme vous l’aurez sûrement remarqué, nous sommes entrés dans l’ère des adaptations gros budget de romans d’heroic fantasy. Après Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux et Le Monde de Narnia qui ont envahis nos écrans et nos fêtes de fin d’année, noël 2006 a vu l’arrivée de son cadeau, cette année aromatisé de poudre de dragon… J’ai lu quelque part (mais impossible de me souvenir où) que adopter ou se lier d’amitié avec une des ces créatures extraordinaires, faisait partie d’une espèce de rêve commun à beaucoup de mortels… Malheureusement, les œuvres cinématographiques mettant en scène des dragons sont bien souvent tombées à l’eau (Donjons et Dragons, Le Règne du Feu, un petit plus peut-être pour Cœur de Dragon?). Et  Eragon ne déroge pas à la règle.
Que ce soit clair : cette « critique » est tout sauf objective, d’abord parce que j’ai lu le livre et ensuite parce que je l’ai beaucoup aimé… J’avais donc certaines attentes…

Je me demande ce que peut ressentir un spectateur qui n’a pas lu l’histoire originale face à ce film. Je me le demande parce que, à mon sens, beaucoup d’éléments essentiels manquent. C’est vrai, l’adaptation n’est pas un ''copié collé'' de l’œuvre originale, seulement, dans Eragon, ce qui est primordial est absent. C’est un film dont l’histoire a perdu tout ce qui faisait l’essence de celle du roman. Il est comme une coquille vide.
Comme beaucoup de romans d’aventure, Eragon est le lieu d’une quête initiatique pour son héros mais aussi (et je dirais même surtout) pour le personnage clé et pour moi principal : Saphira. Or cet élément essentiel est complètement absent dans l’adaptation. Saphira sait tout dès le départ. Du coup, la relation entre le dragon et son dragonnier n’est plus fusionnelle. En effet, puisque Saphira sait déjà tout ce qu’elle doit savoir alors qu’Eragon, lui, ne sait rien, ils ne font plus leur apprentissage à deux, apprentissage qui, dans l’histoire originale, tisse le lien terriblement fort qui va les unir. Pas facile dans ce cas de montrer à l’écran un dragonnier avec tout ce que ce mot implique (notion pas évidente à expliquer, il faut lire le livre si vous voulez en savoir plus). Cette absence de connivence ultime entre les deux êtres refroidit terriblement ce qui était au départ, une bien jolie histoire d’amitié.
Une autre chose qui m’a marqué c’est cette impression étrange de « il ne faut pas que ça ressemble au Seigneur des Anneaux ». Et cette impression est tellement forte que je crois bien avoir raison. Lorsqu’on lit le roman, il est impossible de ne pas faire le rapprochement entre les diverses créatures qui le composent et celles de Tolkien. Les Urgals sont les ombres des Orcs, les Kulls (version « améliorée » des Urgals) celles des Uruk haï (version améliorée des Orcs) et les Ra’zacs font immanquablement penser aux Nazguls. Alors pourquoi avoir évincé ses ressemblances qui font parties de l’œuvre ? D’autant que les Urgals, Kulls et Ra’zacs sont à la limite de l’identifiable pour le spectateur lecteur. Faire autrement que ce qu’on a l’habitude de faire c’est bien mais dangereux. Et ici le choix « physique » des créatures paraît invraisemblable. Un Urgal, dans la tête du lecteur ressemble à un Orc. Pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre cela ne ressemble à rien avant d’avoir vu le film. Or, dans le film, les Urgals apparaissent comme des bonhommes au crâne rasé, tatoués et bedonnants, ce qui donne l’impression qu’il s’agit d’humains, d’un groupe ou d’une tribus d’humain à la botte de Galbatorix.

medium_urgals_3.jpg


Ce qui est faux ; il ne s’agit pas d’humains mais bel et bien d’une race à part entière, ce que le spectateur aurait tout de suite compris si ces créatures avaient été présentées telles qu’elles le sont dans le livre, donc comme des orcs ou quelque chose d’approchant.
Mais les monstres ne sont pas les seuls à avoir subi une transformation de ce genre, certaines autres créatures ont également été traitées de façon étrange et il leur manque certaines caractéristiques fondamentales, propres, celles qui nous font les reconnaître. En effet, Arya est un elfe. A l’écran, les seuls moyens pour que le spectateur reconnaisse un elfe c’est soit de lui faire des oreilles pointues, soit de faire mention de cette nature. Or ici, on a ni l’un ni l’autre. Alors comment reconnaître les elfes des humains ? On ne les reconnaît pas. Ce ne serait pas dérangeant s’ils n’avaient pas une telle importance et si Arya n’avait pas eu ces pouvoirs étranges qui ne s’expliquent que par sa nature, et qui donc dans le film ne s’expliquent pas.


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Quant aux nains, problème réglé puisqu’ils ne figurent pas dans le film.
Etrangement, d’un côté le film refuse toute ressemblance avec Le Seigneur des Anneaux (jusqu’aux cheveux noirs d’Arya, rousse dans le film a priori afin de ne pas la confondre avec Arwen) et n’assume pas l’influence de Tolkien sur l’œuvre originale, et de l’autre crée un rapprochement inexorable avec une autre œuvre. Et oui, Jeremy Irons dans de rôle du mentor d’Eragon et ancien dragonnier, et Galbatorix (alias John Malkovich) rageant enfermé dans son donjon avec son dragon font immanquablement penser à Donjons et Dragon. Curieux…
Avant de terminer sur une note un peu plus positive, je ne peux pas me retenir de dire que les dialogues n’ont aucune consistance et à aucun moment (en toute franchise et sans prétendre être meilleure dialoguiste ils sont vraiment de mauvaise qualité) et que le jeune Edward Speleers n’est pas du tout crédible sur le dos d’un dragon.
Note positive donc (et la seule) : la modélisation de Saphira est vraiment superbe. Bien qu’elle n’ai pas un visage aussi expressif que le King Kong de Peter Jackson (ce qui peut tout à fait s’expliquer par le fait que sa tête est faite d’une cuirasse épaisse) du début à la fin on admire cette sublime dragonne bleue (dommage qu’elle ne dise que des banalités).

Pour conclure, je pense sincèrement que ce film n’a d’autre raison d’être que le profit. En sortant de la salle, j’ai eu le sentiment que tout avait été mis en œuvre pour faire de l’argent au détriment de l’histoire plus que raccourcie (1h45 de film pour 600 pages qui racontent milles et unes aventures c’est quand même peu) et du spectateur. En effet, le roman étant un grand succès un peu partout dans le monde, John Malkovich et Jeremy Irons étant des têtes d’affiches, l’heroïc fantasy étant un filon plus que profitable, le tout aidé des vacances de noël, les entrées étaient assurées. Alors la qualité… pourquoi s’en soucier ? « Eragon » est un film bâclé, sans consistance, sans intérêt, « jemenfoutiste » et qui en plus se moque (dans les deux sens du terme) de ses spectateurs.

Et avec tous les éléments qu’ils ont mis de côté, je me demande vraiment comment ils vont réussir à adapter le second volet…

Générique:
Eragon
Réalisation : Stefen FANGMEIER
Scénario : Peter BUCHMAN d’après le roman de Christopher PAOLINI
Interprétation : Edward SPELEERS (Eragon), Jeremy IRONS (Brom), John MALKOVICH (Galbatorix), Robert CARLYLE (Durza), Sienna GUILLORY (Arya), Djimon HOUNSOU (Ajihad), Garrett HEDLOUND (Murthag), Caroline CHIKEZI (Nasuada), Joss STONE (Angela)
Production : John DAVIS, Wyck GODFREY
Musique : Patrick DOYLE

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