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05.02.2007
TOP 2006

Cérémonie des Césars oblige (le 24 février prochain), tout le monde spécule sur les nominations !
Voici le palmarès de l'équipe de rédaction qui ne connaissait pas lors de son vote la liste des nominations. Chaque chroniqueur a choisit 3 films parmis ceux visionnés en 2006. Il se trouve que les nominés: Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret et Ne le dis à personne de Guillaume Canet ont fait l'objet d'une critique sur ce site. Mais beaucoup de nos coups de coeur de l'année (certains nominés dans la catégorie meilleurs films étrangers) n'ont pas été traités sur ce blog nouvellement créé. Il nous paraissait donc important de donner un dernier coup de projecteur à nos oeuvres favorites en espérant une éventuelle (ou nouvelle) récompense. Comme toute sélection, le choix a été parfois difficile. Si ce palmarès n'a qu'une portée anecdoqtique, il permet également d'évoquer toute l'hétérogénéité et la force de notre équipe. Cinéphiles de tous horizons, voulez-vous nous rejoindre ?! Nous manquons de chroniqueurs pour développer ce blog...
CEELYA
1: Hard Candy de David Slade
2: The Last Show de Robert Altman
3: Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro
CHARLOTTE GERON
1: L'homme de sa vie de Zabou Breitman
2: Le secret de Kelly-Anne de Peter Cattaneo
3: ex-aequo
- Les fils de l'homme d'Alfonso Cuaron
- V pour vendetta de James McTeigue
QUENTIN C.
1: La Tourneuse de pages de Denis Dercourt
2: Transamerica de Duncan Tucker
3: Wolf Creek de Greg McLean
NANIE
1: Short Bus de John Cameron Mitchell
2: Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki
3: Shooting Dogs de Michael Caton-Jones
CUT
1: Walk the line de James Mangold
2: Casino Royale de Martin Campbell
3: Lonesome Jim de Steve Buscemi
TATICO
1: Volver de Pedro Almodovar
2: La science des rêves de Michel Gondry
3: Avida de Benoît Delépine
DAMIEN
1: Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee
2: Zidane, un portrait du XXIème siècle de Philippe Parreno, Douglas Gordon
3: Syriana de Stephen Gaghan
ELISE LECOEUCHE
1: Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee
2: Flandres de Bruno Dumont
3: Truman Capote de Bennett Miller
Une dernière tendresse pour C.R.A.Z.Y., The Host, Marie-Antoinette, Silent Hill, Les Infiltrés et tous ceux que nous n'avons pas vu et qui auraient sans doute mérité notre attention: Bomako, Mémoires de nos pères, Lady Chatterley, Dans Paris, Le Vent se lève, Coeurs, Le Dahlia Noir... Peut-être bientôt dans la rubrique DVD...
19:10 Publié dans EDITO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Films, Réalisateurs, Acteurs
12 juillet 1971 – Turin, Milan et Rome. par Quentin C.
A cette date, en ces villes furent tournés les rushs de Quatre mouches de velours gris (Quattro Mosche di velluto grigio), dernier volet d’une trilogie dite “animale” entamée en 1970 avec un volatile rarissime (L’Oiseau au plumage de cristal) poursuivi en 1971 par un Chat à neuf queues, cette dernière oeuvre restant d’après son auteur Dario Argento, la moins aboutie de sa carrière.
Visionner Quattro Mosche di velluto grigio, film incompréhensiblement méconnu, c’est découvrir les différentes marques de fabrique d’un réalisateur dont l’oeuvre est bien trop souvent réduite à Suspiria. (Dans le meilleur des cas à Suspiria et Profondo rosso).
Dès le générique proposant la vision d’un coeur rosâtre palpitant sur fond noir en alternance avec les amorces d’une histoire, les maîtres mots du cinéma d’Argento sont exposés, compromis permanent entre beauté plastique de plans invraissemblables à la qualité haptique souvent nauséabonde – luisance de l’organe en mouvement mise en valeur par ses déformations provoquées par les pulsations – et prise en compte d’un spectateur italien avide d’intrigues policières cohérentes riches en rebondissements et ponctuées de meurtres sadiques (invariablement perpétrés par un assassin mystérieux aux mains gantées, vêtu d’un gigantesque imperméable et coiffé d’un chapeau dissimulant son visage).
En découle une esthétique basée sur les interruptions de récits d’enquêtes sanglantes par des excès de caméra dont Argento a le secret et dont la force visuelle ainsi que la presque-inutilité sur le plan narratif font suspecter un simple et sympathique désir d’émerveiller le spectateur et ce, de façon gratuite, généreuse et enthousiaste. Tenebrae est un exemple frappant, proposant un complexe mais sublime mouvement de caméra ininterrompu de trois bonnes minutes autour de l’immense demeure d’un couple homosexuel avant sa mise à mort grandiose et anti-mimétique. On trouve déjà ce goût prononcé pour les grâcieux pano-travellings dans Quattro Mosche di velluto grigio, Argento donnant à voir le parcours de la voix d’une femme de chambre en filmant les lignes téléphoniques qui la relient au combiné du meurtrier, avec lequel elle se livre à un odieux chantage qui lui coûtera la vie. Quatre mouches de velours gris concilie donc avec une aisance déroutante originalité des plans et progression de l’intrigue.
Le point culminant de ce curieux mélange narratif et plastique est incontestablement la présentation de l’oeil dégoulinant d’humeur vitrée de l’une des victimes du meurtrier délogé de son orbite par la police scientifique afin de découvrir, au moyen d’improbables appareils high-tech, la dernière image imprimée sur la rétine avant la mise à mort. Le résultat plus que déroutant – quatre mouches disposées en arc de cercle – permet, par la suite, l’identification du meurtrier, évoquant le dénouement du film Il Gatto a nove code, également basé sur une théorie scientifique (génétique, cette fois) des plus douteuses.
Le cinéma de Dario Argento explore le corps humain, prélevant des images photographiques sur ses globes oculaires, interrogeant les chromosomes de ses cellules, offrant des visions internes de l’organisme fascinantes bien que dépourvues de réalisme, (œsophage d’Asia Argento avalant des médicaments reconstitué en images de synthèse peu crédibles dans Stendhal Syndrom; introduction de flash-backs par les tressautements sur-éclairés des circonvolutions du cerveau du meurtrier de Terror at the opera, etc.). En magnifiant et en déconstruisant les corps de ses acteurs (récurrence des gros plans sur des détails anatomiques d’êtres à la beauté exaltée par la mise en scène), en les anéantissant (sadisme des meurtres aboutissant à l’exhibition de cadavres mutilés-œuvres d’art), Argento, proclamé « maître de l’horreur » par la critique, se présente comme un digne héritier de Mario Bava dans la tradition du giallo. On attend beaucoup du dernier volet de sa Trilogie des Trois Mères lequel devrait s’intituler si l’on en croit les rumeurs de la Toile Mater Lacrimarum, faisant suite au célébrissime Suspiria et au non-moins délicieux Inferno.
ATTENTION! A l’heure actuelle, le DVD du film Quatre mouches de velours gris n’a été édité dans aucun pays du globe. Toute personne le proposant à la vente s’est livrée à une pratique illégale (copie souvent médiocre d’une VHS sur support DVD) à but lucratif qui ne profitera en aucun cas à l’acheteur, la qualité de l’image et du son étant pitoyable.
Titres originaux des films constituant la Trilogie Animale
L’Uccello dalle piume di cristallo (1970)
Il Gatto a nove code (1971)
Quattro Mosche di velluto grigio (1971)
Générique:
Quattro Mosche di velluto grigio
Titre français: Quatre mouches de velours gris
Titre états-unien: Four Flies on Grey Velvet
Réalisation: Dario ARGENTO
Production: Salvatore ARGENTO
Interprétation: Michael BRANDON (Roberto Tobias), Mimsy FARMER (Nina Tobias), Jean-Pierre MARIELLE (détective Gianni Arrosio), Satta FLORES (Andrea).
Musique: Ennio MORRICONE
Sortie française: 12 juin 1973. (Version amputée de cinq minutes!)
Durée: 105 mn
Format: 1x2.35 [Cinemascope] – couleur – 35 mm.
16:40 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Films, Réalisateurs, Acteurs