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08.01.2007
JAMAIS TÉLÉPHONES N'AURONT AUTANT SONNÉ par Charlotte Godard
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Faites comme Charlotte et exprimez-vous sur votre film préféré. Un e-mail et hop votre article est en ligne dans la rubrique VOTRE AVIS. N'hésitez plus, prenez votre plume (ou plutôt votre clavier:-) ! Pour les plus pressés, le dépôt de commentaires au bas de chaque article est simple et rapide, alors...
Je pense à vous de Pascal Bontitzer
Diane vit avec Hermann, l’éditeur parisien à la mode ; leur vie est simple : de l’argent, et une maison superbe dans un quartier très chic. Mais un jour, Loïc, écrivain sous contrat dans la maison d’édition d’Hermann, et ex-compagnon de Diane, surprend l’éditeur en compagnie de Anne son ancienne amie et les confond via son portable. De là vont résulter malentendus et quiproquos qui me confortent dans l’idée que les mobiles auront leur part de responsabilité dans l’effondrement du monde moderne. J’exagère peut-être un peu…
En tout cas, voilà enfin un film qui nous montrent l’envers du décor : jamais téléphones n’auront autant sonné, (entre messages, photos volées, et sms inquisiteurs), et jamais on ne se sera autant questionné sur la place des toilettes (à gauche et au bout du couloir)...
Pascal Bonitzer aime les mots, les dialogues, et cela s’entend : incisifs, ironiques, critiques, ils font mal et c’est bon, et quand en plus ils nous sont servis par Edouard Baer (totalement crédible et magnifique comme à son habitude) ou Charles Berling (rayonnant dans son rôle de petite ordure), ils nous laissent k.o. On n’ose y croire parfois, mais on se laisse emporter dans ce tourbillon où les retournements de situations s’enchaînent. Qui aime qui ? Qui couche avec qui ? Dans quelle maison de fous suis-je tombée exactement ?...
Mais pour ma part, je vais vous laisser découvrir seuls les réponses à ces questions car j’ai envie de faire pipi…
Et au fait Hermann, mon numéro de téléphone c’est le 06 67 92…
Générique:
Je pense à vous
Réalisation : Pascal Bonitzer
Interprétation : Edouard Baer, Géraldine Pailhas, Marina De Van
Origine : France
Durée : 1h22
17:46 Publié dans VOTRE AVIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, films, réalisateurs, acteurs
CE N'EST QU'UN AU REVOIR, par Ceelya
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Une oeuvre posthume pleine de vie: magique.
The Last Show de Robert Altman
Si l'histoire est la clé, alors les personnages sont souvent la voûte...ils gravitent autour afin de faire avancer le récit. Chez Altman c'est l'inverse. Short Cuts en était déjà une des preuves les plus flagrantes, les plus sublimes. Cet amour, ce dévouement total aux personnages fût rarement démenti dans les films qui jalonnent sa carrière.
Peut-on déduire qu'à travers cet amour transparaît celui que ce grand homme portait aux gens? Faites comme vous voulez, ça fait longtemps que j'en suis persuadée.
Robert Altman avait compris depuis ses premiers films que la vie n'existe pas sans les êtres qui la traverse.
En filmant juste des personnages vivre...c'est là qu'opère l'adhérence.
Ces personnages, unis et à part, évoluent aussi bien sur la scène qu'en coulisses, affichant le sourire approprié au spectacle et laissant libre cours à leurs excentricités dans les loges.
« La vie est un théâtre » disait Shakespeare mais il serait triste de penser qu'Altman ne fait que répéter le dramaturge.
Le film est dense et fait notamment la part belle à ce qui réunit majoritairement les personnages, en dehors de quelques liens familiaux ou amoureux: la musique.
Plus particulièrement la musique country qui est bien évidemment celle de l'émission originale dont l'histoire du film est issue mais qui s'illustre parfaitement dans le décor, avec ses rythmes et mélodies souvent guillerettes aux paroles d' une grande tristesse cependant...la face cachée des personnages...face cachée des gens?
Que dire?
Et comment comprendre cette structure? Ca s'ouvre comme un film noir et ça se termine comme les Blues Brothers...et au milieu, une comédie, un drame musical.
Quelque soit le style, le genre, la nature appelez ça comme vous voudrez, les personnages prennent de toute façon le dessus. Eux sont intemporels et traversent les âges du cinéma.
La musique est ici le moyen par lequel ils s'élèvent et se montrent sur scène, donnant à admirer si ce n'est un talent (qu'ils possèdent tous cela dit) du moins un plaisir évident et même communicatif. Ce plaisir rend justement plus incroyable leur capacité à occulter la fin si proche.
Faut-il faire comme tous les soirs? Ou faut-il annoncer que c'est le dernier show?
Mais ne pas dire au revoir, n'est-ce pas rester un peu dans l'esprit de celui qui attend qu'on revienne?
C'est effectivement un film plein d'espoir, mais pas de celui préfabriqué pour nous faire enrager quand le héros n'a pas embrassé la fille...non, c'est le même que celui grâce auquel on ouvre les yeux chaque matin et qui arrive parfois à nous persuader que la journée sera bonne. C'est celui qui fait naître l'optimisme chez certains, chez Yolanda Johnson (Meryl Streep) notamment: « Quand une porte se ferme, une autre porte s'ouvre. »
Une porte s'ouvre dans ce théâtre et laisse apparaître un ange dont on ne saurait remettre en cause le statut et qui rappelle sans conteste celui de Wenders. Elle pose sa main sur l'épaule des personnages pour les soutenir et les apaiser. Mais cet ange là est visible et s'adresse aux Hommes comme à ses semblables...parce qu'elle n'est rien moins qu'une femme se posant une question humaine. Pourquoi a-t-elle rit d'une blague pas drôle? Pourquoi a-t-elle rit de la vie?
Pourquoi devrait-on rire des blagues de ces deux cow-boys quand on sait qu'elles cachent quelque chose de plus grave: le besoin de faire durer le dernier numéro, pour retarder la fin?
Faisant d'un ange une simple femme en limitant ses pouvoirs, malgré la mise en scène et le jeu qui l'entoure, Robert Altman ne se détourne jamais de ses personnages qu'il aime, faisant d'eux aussi bien des anges par le pouvoir qu'ils avaient d'accrocher un public que de simples Hommes...et faisant d'eux les mêmes en fin de compte.
Nous sommes les spectateurs uniques de ce show, Altman ne filmant jamais le public « diégétique ». Le réalisateur nous offre une double vue et nous guide à travers les coulisses afin de découvrir, pour leur dernier spectacle, le vrai visage des personnages.
Et c'est magnifique à regarder.
Comment conclure cet article sans crier sur les toits du monde que j'aimais cet artiste avec tendresse et folie?
The Last Show est un bijou comme Altman seul a su en créer et il n'y a pas à être triste qu'une carrière s'achève sur de nouveaux lauriers...le film ne laisse pas de goût amer et bien avant de penser « dommage que ce soit son dernier » je me suis dit « heureusement qu'il a pu le finir. »
Générique:
The Last Show ( titre original: A Prairie Home Companion)
Réalisation: Robert ALTMAN
Scénario: Garrison KEILLOR
Interprétation: Garrison KEILLOR (présentateur original de la véritable émission intitulée A Prairie Home Companion), Lily TOMLIN, Meryl STREEP, Woody HARRELSON, Tommy LEE JONES, Kevin KLINE, Lindsay LOHAN, Virginia MADSEN, John C. REILLY, Maya RUDOLPH, Marylouise BURKE, L.Q. JONES, Sue SCOTT, Tim RUSSELL, Tom KEITH.
17:20 Publié dans FILMS EN SALLE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinema, Films, réalisateurs, acteurs
L'HABIT NE FAIT PAS LE MOINE, par Pirate

Véritable incitation au rêve et au voyage, ce chef d’œuvre d’un maître incontesté de l’art du conte, entraîne petits et grands dans un monde où les légendes, la magie, l’homme et la machine cohabitent, et où les apparences sont toujours trompeuses.
Le Château Ambulant de Hayao Miyazaki (2004)
Résumé
Sophie, une jeune fille de 18 ans, fait par hasard la rencontre du séduisant magicien Hauru (prononcé a – o – rou). Malheureusement, la Sorcière des Landes, amoureuse du jeune homme, se méprend sur leur relation et jette un sort à Sophie qui transforme cette dernière en vieille dame de 90 ans. Contrainte d’accepter son état, Sophie va fuir sa ville et trouver refuge dans le château ambulant, repère d’Hauru, où elle va s’engager d’elle-même comme femme de ménage. Elle va alors découvrir le monde de la magie, mais également l’amour, et vivre une incroyable aventure qui va la mener, finalement à recouvrer sa véritable apparence.

Merveilleuse histoire, ce dessin animé est un véritable enchantement que l’on ai 7 ou 77 ans. Mais, si ce conte de fée est incontestablement séduisant ne serais-ce que par son récit, les thèmes qu’il aborde et le traitement qu’il en propose, lui donnent une dimension morale ou philosophique,
S’il est une chose importante dans ce dessin animé, c’est la façon dont il se joue de tout, mais surtout des apparences. En effet, chaque personnage est atypique et porte en lui une contradiction. Sophie a l’apparence d’une dame de 90 ans mais elle est en fait une jeune fille de 18 ans, Hauru nous apparaît comme un grand et séduisant magicien, mais il n’est en réalité plus qu’un démon froussard, Calicifère est un démon terriblement attachant, la Sorcière des Landes, bien plus vieille qu’elle ne le paraît se révèlera être un personnage drôle et sympathique, quant à la magicienne Suliman, ancien professeur d’Hauru, elle est bien moins placide qu’on ne pourrait le croire. Ainsi, tout le film est construit sur cette ambivalence et sur l’inconstance des apparences, sur un jeu incessant entre intérieur et extérieur. Cette ambivalence se retrouve d’ailleurs sur tous les éléments du film. Outre le background qui oscille entre climat de guerre et merveilleux, le spectateur sera charmé, surpris, ou les deux, par les diverses ouvertures sur l’extérieur que propose le château, par les parfois infimes changements qui opèrent sur le corps de Sophie au fil du récit, par le charmant magicien qui n’a plus de cœur et qui pourtant attend de tomber amoureux ainsi que par son attachement puéril à sa beauté qui n’est pourtant pas son véritable visage, mais surtout par les sentiments qu’il éprouve tout au long du métrage et qui sont aussi changeants et évolutifs que les personnages qu’il regarde. Effectivement, pour la majorité des personnages qu’il rencontre, le spectateur est amené tantôt à les aimer à la folie, tantôt à les détester ou du moins à prendre de la distance vis-à-vis d’eux ; (les exemples les plus emblématiques étant celui de la Sorcière des Landes d’une part, qu’on déteste pendant la première moitié du film, et qu’on se met à aimer, petit à petit jusqu’à s’y attacher dans la seconde moitié, et d’autre part celui d’Hauru, séduisant et puissant magicien mais en réalité un démon sans cœur pourtant plein de bons sentiments et qui peut prendre nombres de formes).
Il s’opère donc (et logiquement) un processus de contre emplois tout au long du métrage et dont l’exemple le plus frappant étant, (pour ne citer que lui et laisser un peu de surprise à tous ceux qui n’ont pas vu le film), celui qui fait de Sophie le prince charmant, le sauveur, et d’Hauru, la princesse prisonnière d’un démon qui attend d’être secourue par l’être aimé.
Enfin, de façon brève, et pour terminer, cerise sur le gâteau, l’animation est d’une rare beauté, et donne vie à des séquences inoubliables, comme la « marche dans le ciel » de Sophie et d’Hauru lors de leur première rencontre, ou encore la séquence qui se déroule dans le passé plein d’étoiles filantes du magicien. Je vous invite également à faire un tour dans la chambre du jeune homme, je suis sure que vous n’avez jamais rien vu de tel.

NB : Je ne voudrais pas terminer sans un clin d’œil spécial à Calcifère, au Navet et au petit chien « asthmatique », tant ils sont attachants et méritent un sourire tendre.
NB deuxième : Si la version originale est quoi qu’il en soit magnifique, dans la version française, Hauru est doté d’une voix si belle (Rémi Bichet) qu’elle transforme presque le personnage, ou du moins lui donne encore plus de charisme. Un régal.

Générique:
Le Château Ambulant
D’après le roman de : Diana WYNNE JONES, « Le Château de Hurle»
Scénario : Hayao MIYAZAKI
Réalisation : Hayao MIYAZAKI
Musique : Joe HISAISHI
Production : Toshio SUZUKI – STUDIO GHIBLI
17:05 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, films, réalisateurs, acteurs
LE LIEU ABSENT dans NEWS FROM HOME de Chantal AKERMAN
L3 - ANALYSE FILMIQUE: LE LIEU AU CINEMA
Dans le but de faciliter et partager l'accès des étudiants en Arts du spectacle aux notions étudiées, +2CINÉ met en ligne le contenu de certains exposés proposés à l'oral en cours de TD. Attention, ils ne prennent pas en compte les remarques des enseignants et des possibles reprises ultérieures.
LE LIEU ABSENT
Qu'est-ce qu'un lieu absent? Quelles formes de représentation cette expression paradoxale peut-elle trouver dans News from home de Chantal Akerman? Comment ces représentations vont-elles agir sur une définition possible du lieu absent?
Plan / Filmographie / Bibliographie:
plan.pdf
Pour lire la suite...
Expose_lieu_absent.pdf
Analyse proposée par Aurélie Ardouin.
16:50 Publié dans DOSSIERS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Films, Réalisateurs, Acteurs