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08.01.2007

L'HABIT NE FAIT PAS LE MOINE, par Pirate

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Véritable incitation au rêve et au voyage, ce chef d’œuvre d’un maître incontesté de l’art du conte, entraîne petits et grands dans un monde où les légendes, la magie, l’homme et la machine cohabitent, et où les apparences sont toujours trompeuses.




Le Château Ambulant de Hayao Miyazaki (2004)

Résumé
Sophie, une jeune fille de 18 ans, fait par hasard la rencontre du séduisant magicien Hauru (prononcé a – o – rou). Malheureusement, la Sorcière des Landes, amoureuse du jeune homme, se méprend sur leur relation et jette un sort à Sophie qui transforme cette dernière en vieille dame de 90 ans. Contrainte d’accepter son état, Sophie va fuir sa ville et trouver refuge dans le château ambulant, repère d’Hauru, où elle va s’engager d’elle-même comme femme de ménage. Elle va alors découvrir le monde de la magie, mais également l’amour, et vivre une incroyable aventure qui va la mener, finalement à recouvrer sa véritable apparence.

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Merveilleuse histoire, ce dessin animé est un véritable enchantement que l’on ai 7 ou 77 ans. Mais, si ce conte de fée est incontestablement séduisant ne serais-ce que par son récit, les thèmes qu’il aborde et le traitement qu’il en propose, lui donnent une dimension morale ou philosophique,
S’il est une chose importante dans ce dessin animé, c’est la façon dont il se joue de tout, mais surtout des apparences. En effet, chaque personnage est atypique et porte en lui une contradiction. Sophie a l’apparence d’une dame de 90 ans mais elle est en fait une jeune fille de 18 ans, Hauru nous apparaît comme un grand et séduisant magicien, mais il n’est en réalité plus qu’un démon froussard, Calicifère est un démon terriblement attachant, la Sorcière des Landes, bien plus vieille qu’elle ne le paraît se révèlera être un personnage drôle et sympathique, quant à la magicienne Suliman, ancien professeur d’Hauru, elle est bien moins placide qu’on ne pourrait le croire. Ainsi, tout le film est construit sur cette ambivalence et sur l’inconstance des apparences, sur un jeu incessant entre intérieur et extérieur. Cette ambivalence se retrouve d’ailleurs sur tous les éléments du film. Outre le background qui oscille entre climat de guerre et merveilleux, le spectateur sera charmé, surpris, ou les deux, par les diverses ouvertures sur l’extérieur que propose le château, par les parfois infimes changements qui opèrent sur le corps de Sophie au fil du récit, par le charmant magicien qui n’a plus de cœur et qui pourtant attend de tomber amoureux ainsi que par son attachement puéril à sa beauté qui n’est pourtant pas son véritable visage, mais surtout par les sentiments qu’il éprouve tout au long du métrage et qui sont aussi changeants et évolutifs que les personnages qu’il regarde. Effectivement, pour la majorité des personnages qu’il rencontre, le spectateur est amené tantôt à les aimer à la folie, tantôt à les détester ou du moins à prendre de la distance vis-à-vis d’eux ; (les exemples les plus emblématiques étant celui de la Sorcière des Landes d’une part, qu’on déteste pendant la première moitié du film, et qu’on se met à aimer, petit à petit jusqu’à s’y attacher dans la seconde moitié, et d’autre part celui d’Hauru, séduisant et puissant magicien mais en réalité un démon sans cœur pourtant plein de bons sentiments et qui peut prendre nombres de formes).
Il s’opère donc (et logiquement) un processus de contre emplois tout au long du métrage et dont l’exemple le plus frappant étant, (pour ne citer que lui et laisser un peu de surprise à tous ceux qui n’ont pas vu le film), celui qui fait de Sophie le prince charmant, le sauveur, et d’Hauru, la princesse prisonnière d’un démon qui attend d’être secourue par l’être aimé.
Enfin, de façon brève, et pour terminer, cerise sur le gâteau, l’animation est d’une rare beauté, et donne vie à des séquences inoubliables, comme la « marche dans le ciel » de Sophie et d’Hauru lors de leur première rencontre, ou encore la séquence qui se déroule dans le passé plein d’étoiles filantes du magicien. Je vous invite également à faire un tour dans la chambre du jeune homme, je suis sure que vous n’avez jamais rien vu de tel.
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NB : Je ne voudrais pas terminer sans un clin d’œil spécial à Calcifère, au Navet et au petit chien « asthmatique », tant ils sont attachants et méritent un sourire tendre.

NB deuxième : Si la version originale est quoi qu’il en soit magnifique, dans la version française, Hauru est doté d’une voix si belle (Rémi Bichet) qu’elle transforme presque le personnage, ou du moins lui donne encore plus de charisme. Un régal.
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Générique:
Le Château Ambulant
D’après le roman de : Diana WYNNE JONES, « Le Château de Hurle»
Scénario : Hayao MIYAZAKI
Réalisation : Hayao MIYAZAKI
Musique : Joe HISAISHI
Production : Toshio SUZUKI – STUDIO GHIBLI

Commentaires

"Je vous invite également à faire un tour dans la chambre du jeune homme, je suis sure que vous n’avez jamais rien vu de tel. "

Et moi je t'invite à postuler pour une place d'hotesse à Eurodisney.

Ecrit par : Kovacs | 11.01.2007

Une place à Eurodisney? Pourquoi pas... Je suppose que travailler avec Mickey doit être plutôt sympatique.

Les dessins animés ont souvent (très souvent), sous leur apparence enfantine, un second degrès de lecture. Même les Walt Disney. Ce second degrès de lecture, chez nos amis nippons, est, on peut surement le dire, leur marque de fabrique.
Il serait dommage de se limiter seulement au divertissement premier que propose un animé puisqu'il propose bien souvent plus que ça; ne serait-ce qu'un peu de poésie d'ailleurs.

Pour terminer je me pose une question: pourquoi à Eurodisney, la grande majorité des attractions sont réservées aux adultes ou "grands enfants", bien qu'à priori il s'agissent d'un parc d'attraction pour enfants?

C'est un peu le même phénomène que pour les dessins animés non?

Quoi qu'il en soit, je compte bien recevoir d'autres remarques de ce genre car je pense sincèrement refaire des critiques sur des dessins animés... Donc sur ce, à bientôt.

Pirate pour +2ciné

Ecrit par : Pirate | 15.03.2007

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