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27.11.2006

CHOC EMOTIONNEL, par Nanie

medium_shortbusposter2_modif.jpgDestins croisés, recherche du plaisir en toute chose, lieux communs : Shortbus de John Cameron Mitchell (2006).

Je ne suis pas d’accord que l’on dise de Shortbus qu’il est un film pornographique ! C’est de l’érotisme poétique. Le sexe y est contextualisé et jamais il ne dérange par un trop de crudité malsaine. Après tout, ce film ne montrerait-il pas simplement la vie des hommes ? N’est ce pas ça la vie, une lutte permanente pour apprendre à se connaître soi même : son corps, ses désirs, ses sentiments et surtout apprendre à vivre avec les autres. A noter que la musique est tout aussi belle que les images.
Dire que j’ai aimé ce film serais trop loin de la vérité. N’avez-vous jamais eu l’impression de voir un film au moment précis où vous l’attendiez, où vous en aviez besoin, à cet instant T où le film vous fait tout remettre en question ? Je pense d’ailleurs que c’est à cause de la recherche de ce sentiment que l’on va et retourne au cinéma. Shortbus est un véritable hymne à la vie !

Nanie pour +2CINÉ souhaite susciter vos réactions. Nous attendons vos commentaires...

20.11.2006

FESTIVAL CINE MUSICAL O.F.N.I.

A ne pas râter, la 4ème édition du Festival O.F.N.I. qui s'intitule cette année Opération de Formatage Non Institutionnel. Du 22 au 26 Novembre 2006 sur différents lieux: Le Théâtre, Espace Mendès France, Le Dietrich, Le Confort Moderne
Le programme complet sur le site de l'association Nyctalop Mélodie: http://nyktalopmelodie.org/

+ Soirée Electronic Party (DJ, VJ) Samedi 2 Décembre 2006 Salle Diff'Art 15 rue Salvatore Allende à Parthenay

ILLUSTRATION DE L'IMPORTANCE DU SON AU CINEMA CHEZ HITCHCOCK

L3 - ANALYSE APPLIQUEE : LE SON AU CINÉMA

Dans le but de faciliter et partager l'accès des étudiants en Arts du spectacle aux notions étudiées, +2CINÉ met en ligne le contenu de certains exposés proposés à l'oral en cours de TD. Attention, ils ne prennent pas en compte les remarques des enseignants et des possibles reprises ultérieures.

ILLUSTRATION DE L'IMPORTANCE DU SON AU CINEMA CHEZ HITCHCOCK

Alfred Hitchcock est réputé pour accorder autant d'attention au traitement de la piste sonore que du soin apporté à la dramaturgie, à la dimension visuelle et cinétique des ses oeuvres. Autour de trois films : L'homme qui en savait trop (1956), Psychose (1960) et Les Oiseaux (1963), nous tenterons de répondre à une question globale: Comment "le maître du suspense" a-t-il réussit à accorder à sa dramaturgie, tous les éléménts auditifs (dialogues, bruitages, ambiances, silences et musiques) en une seule partition sonore ?

Plan / Filmographie / Bibliographie
Feuille_distribuee_PDF.pdf

Pour lire la suite:
Expose_PDF.2.pdf

Analyse proposée par Spritnoirr.

LE DÉCOR DE CINÉMA: dimension plastique et architecturale

L3 - ESTHETIQUE : CINÉMA ET AUTRES ARTS

Dans le but de faciliter et partager l'accès des étudiants en Arts du spectacle aux notions étudiées, +2CINÉ met en ligne le contenu de certains exposés proposés à l'oral en cours de TD. Attention, ils ne prennent pas en compte les remarques des enseignants et des possibles reprises ultérieures.

LE DÉCOR DE CINÉMA

Le décor de cinéma fait partie intégrante de l'oeuvre filmique. Peter Ettedgui dans son livre ''Les chefs décorateurs" le définit ainsi: Tout lieu, espace, naturel ou reconstitué en studio, brut ou aménagé, intérieur ou extérieur, servant d'environnement à un tournage. Tout ce que l'on voit à l'image qui installe les personnages dans un contexte spatio-temporel.

Pour lire la suite...
Expose_decor.pdf

Analyse proposée par Perrine B. et Alexandre G.

SOIRÉE DE PROJECTION "COURTS A L'UNIVERSITÉ"

Organisée par Chants contre Champs(CcC), MegaLOW Prods (MGLP) et ARTéFAC et avec le concours de l'AFEP, cette soirée aura lieu le :

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Lundi 20 novembre à 20h30
A la Maison des Étudiants de Poitiers
sur le campus universitaire
100% GRATUIT





Au programme:

medium_thing_in_my_cellar_modif.jpgThe Thing in my Cellar
Genre : Fantastique
Réalisateur : Bastien COUSAERT
Scénariste : Bastien COUSAERT
Compositeur : Brieuc BESTEL
Principaux interprètes : Johan MIEL et Cédric HENNEQUIN
Durée : 20 minutes
Année : 2006


Synopsis : Harcelé dans sa maison par une personne inconnue, Johan se met à imaginer qu'elle pourrait-être dans sa cave…

medium_vestiges_modif.jpgLes vestiges de QJAP
Genre : Expériemental-Musical
Réalisateur : Yves MAGUIN
Scénariste : Vincent MANNIC
Compositeur : Christian MAÎTREAU
Principaux interprètes : Eric TERRASSON, Bénédicte GAILLEDREAU et Charlotte GAUDELUS
Durée : 12 minutes
Année : 2006


Synopsis : 24 heures décisives dans la vie d'un jeune lycéen en recherche d'identité…


medium_the_hood_modif.jpgThe Hood
Genre : Fiction expérimentale
Réalisateur : Bastien COUSAERT
Scénariste : Bastien COUSAERT
Compositeur : Musique non originale
Principaux interprètes : Cédric HENNEQUIN, Johan MIEL, Maxime GABORITet Maxime VRILLAUD
Durée : 58 minutes
Année : 2006


Synopsis : Cédric et Johan sont deux colocataires de longue date. Un jour, Cédric perd confiance en Johan. Une descente aux enfer commence…


medium_abnegation_modif.jpgL'abnégation
Genre : Expérimental
Réalisateur : Aline GUILBAUD
Scénariste : Aline GUILBAUD
Compositeur : Brieuc Bestel
Principaux interprètes : Bastien Cousaert, Julie Beaufils, François Galisson
Durée : 3 minutes 40
Année : 2006


Synopsis : Dans une sorte de convulsion, les images s'entrchoquent avec l'histoire de trois peronnes faisant don d'eux-même à autrui.


medium_Affiche1_or_modif.jpgCatch Collector's Items
Genre : Pseudo film policier mal raconté
Réalisateur : Rodolphe VRILLAUD
Scénariste : Rodolphe VRILLAUD
Compositeur : Dorio & Thuri Agal
Principaux interprètes : Gil CLARKE, Richard BEGUIER, Alexis BLITHIKIOTIS, Céline LE CANN, Francis FROUIN, Véronique DAVID
Durée : 17 minutes
Année : 2006


Synopsis : Une riche propriété privée aux Etats-Unis et un musée en France : un double vol d'armes à feu de collection vient de se produire. C'est Gil, un cinéphile avertit (enfin, c'est ce qu'il dit...) qui raconte cette histoire... enfin ce qu'il en a vu... et puis la manière dont il raconte ça, faut voir... enfin...


Plus d'infos:

Chants contre Champs
Maison Des Étudiants
101 avenue du Recteur Pineau
86000 Poitiers
France
infos@chantscontrechamps.com
www.chantscontrechamps.com

et
le site de MegaLOW Prods

15.11.2006

VALEURS FAMILIALES par Ceelya

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Six ans avant The Yards, James Gray faisait de son premier film une œuvre peu reconnue et pourtant sublime.




Little Odessa de James Gray (1994)

Ca commence en apnée : un homme sur un fond noir ouvre les yeux. Avec la naissance du personnage de Josh sur ce fond, James Gray entre dans le vif du sujet. L’économie de mots tout au long du film sera justifiée par la clarté d’une mise en scène sublime qui sait à chaque moment quelle idée servir.

Une des plus palpables et sans aucun doute celle de la famille vers laquelle le personnage va revenir après avoir été introduit tour à tour dans un état fébrile et silencieux et dans celui d’émancipation : donner la mort juste après être né.

C’est autour de la mère que les deux fils vont tisser cette chose entre eux, ce lien familial à coup de « je t’aime » pour Reuben, le plus jeune, et de « dégage » pour Josh dont la sensibilité ne se ressent jamais, à l’exception de quelques fulgurances : une réplique dite vite, un micromouvement….

Tim Roth semble porter son visage comme un masque, témoignant à la face du monde et de sa famille de l’indifférence qu’il lui porte. Comment faire autrement quand on a été renié, qu’on a essayé de prendre les rennes et que le cheval s’est débattu ? Comment faire autrement quand notre propre mère, la mort à son chevet, rêve que l’on change ? S’armer d’indifférence envers les douleurs pour ne pas qu’elles nous touchent. « Pas de corps, pas de meurtre » dit Josh. « Pas d’affect, pas de douleur » semble dire son visage.

Edward Furlong adopte le même masque, extrêmement peu de micromouvements, économie de dialogues, jamais un sourcil ne se hausse, jamais les lèvres ne s’élargissent…comme pour Tim Roth. Et pourtant, le résultat est exactement l’opposé. Derrière ce masque suinte la sensibilité exacerbée de son porteur qui ferait tout, absolument tout pour son frère et qui ne l’atteint qu’à la fin dans ce travelling qui s’avance vers Josh et par lequel on voit qu’il a pris le masque de Reuben.

On aurait pu croire que le physique des deux acteurs invitait le spectateur à palper cette différence sur leurs visages, celui d’Edward Furlong étant fin et fragile, en parfait contraste avec celui, plus rugueux et épais, de Tim Roth. C’est pourtant bien à l’intérieur que cela se passe, comme le démontre le tout dernier plan précédé d’une magnifique scène fantasmée ou bien vécue plus avant et non sous nos yeux et grâce à laquelle le visage de Josh devient d’un seul coup plus expressif.

Il faut à présent parler de la mère, épicentre d’un séisme dont les failles vont atteindre les enfants, et du père qui va les y faire tomber.
Vanessa Redgrave s’immerge dans le rôle avec une force incroyable. Ses yeux bleus ont une façon unique de regarder dans le vide et d’y voir ses fils perdus pour elle. Mais son désir de voir Josh changer et s’occuper de son frère est aussi sincère que cette angoisse, ajoutée à la douleur intense de sa maladie qui rappelle à ses deux fils combien ils l’aiment, même si ça passe ailleurs que sur leur visage. D’un point de vue tout à fait subjectif, la scène dans laquelle Josh embrasse sa mère dans le cou alors qu’elle regarde ailleurs, loin ailleurs, est une des plus belles qu’un film m’ait montrée à ce jour.

Le père quant à lui, loin d’être absent, est l’unique vestige actant de la grande et vraie Odessa. Acharné dans l’enseignement de vieilles valeurs et d’une vieille culture à l’opposée de celle, plus permissive, que peut offrir les Etats-Unis à un jeune homme tel que Reuben, le père ne sait pas s’interroger…sûrement n’a-t-il pas lui-même appris. Le père, quand il parle avec le cœur, s’apitoie sur son sort. Il illustre le mieux ces anciens qui ont ramené Odessa avec eux, et qui souhaitent la maintenir sans être « parasités » par l’Amérique…du moins pas dans la façon dont ils éduquent leurs enfants.
Les coups volent donc, violents comme le choc des cultures, comme la déchirure d’une famille aux générations trop différentes pour s’entendre.

Little Odessa : Un bijou au sujet dense et intense qui ne saurait laisser de marbre.

Générique:
Little Odessa
Réalisation: James GRAY
Scénario: James GRAY
Interprétation: Tim ROTH, Edward FURLONG, Moira KELLY, Vanessa REDGRAVE, Maximilian SCHELL, Paul GUILFOYLE, Natalya ANDREJCHENKO, David VADIM, Mina BERN, Boris McGIVER, Mohammed GHAFFARI, Michael KHMUROV, Dmitry PREYERS, David ROSS, Ron BRICE, Jace KENT, Marianna LEAD, Gene RUFFINI, Leonid USHER.
Musique: Dana SANO, Arvo PÄRT
Durée: 1h38

Bonus DVD: Filmographies Tim ROTH et Edward FURLONG + Bande Annonce + Interview d'Edward FURLONG

13.11.2006

BIENVENUE A DEAUVILLE ! par Quentin C.

De Tchaïkovski à Chopin en passant par la musique rock.

Avis à tous ceux qui ont vu et aimé Welcome to the dollhouse (Bienvenue dans l’âge ingrat)medium_welcome_to_the_dollhouse_ver1.jpg de Todd Solondz sur ARTE (nombreuses diffusions ces dernières années)! Le film est enfin sorti en DVD (sans bonus, proposant seulement un choix de langue: V.O.S.T. ou version française déplorable), dans le coffret n°3 de la série « Deauville – le Meilleur du cinéma indépendant américain » [TF1 video] incluant également Keane et Mariage et conséquences.


Welcome to the dollhouse de Todd Solondz (1995)

Présenté par la chaîne ARTE comme une « œuvre jouissive », ce film a subi des préjudices liés à sa retransmission: mauvais rendu du traitement éblouissant des couleurs, du travail sur la crudité de la lumière aussi impitoyable que les personnages croisés par Dawn Wiener, une collégienne de onze ans découvrant les affres de l’adolescence, souffre-douleur de ses camarades de classe, aînée d’une horripilante gamine en tutu rose-bonbon, et cadette d’un bûcheur arriviste, piégée dans un monde ultra-conformiste où elle tente de trouver sa place, de se faire aimer, de faire entendre sa voix.

Compte tenu de la grande diversité des musiques exploitées dans le film, on est tenté de considérer que Todd Solondz nous fait nous intéresser davantage aux rapports entretenus par l’image et la bande originale qu’à l’histoire à proprement parler: une année de la pré-adolescence de Dawn.
En effet, des percussions accompagnées d’accords sauvages de guitare électrique soulignent systématiquement la violence des sentiments (jalousie, colère, honte, indignation) éprouvés par le personnage principal. Leitmotiv toujours en parfaite « harmonie » avec les déplacements de caméra et les bruitages qui sont autant de prétextes judicieux pour faire entendre la musique tribale.
Certains morceaux ne se contentent pas de souligner la force dramatique de séquences sordides (telles que celle où madame Wiener contraint sa fille Dawn à dire « I love you » à son hypocrite et exaspérante petite sœur), la musique allant jusqu’à surligner les propos des personnages, conférant à la gravité des mots une dimension grotesque qui tiraille le spectateur entre rire cruel et empathie. Par exemple, suite à l’enlèvement de la petite sœur de Dawn, la mère de famille reçoit un appel des enquêteurs après quoi elle s’effondre en larmes en déclarant « they found her tutu », rendant l’hypothèse du viol/meurtre plus que probable alors que se font entendre les puissants cuivres du Lac des cygnes ; un renforcement donnant dans le tragique excessif qui fait perdre à la scène son ton réellement pathétique. (Ironie du sort, la petite peste est ramenée à la maison par la police un quart d’heure plus tard, ravie d’avoir été séquestrée.)
Welcome to the dollhouse nous perd dans un mélange heureux de séquences régies par des musiques extrêmement différentes, chaque fois dans un but différent: nous faire haïr la petite sœur dansant inlassablement dans le jardin des Wiener sur l’air de la Fée Dragée (Casse-noisettes de Tchaïkovski), présenter la naissance d’un amour tantôt à renfort de violons caressants, tantôt à coups de musique rock, nous faire éprouver des sentiments exacerbés par la mise en scène et contradictoires… Lorsque Dawn joue maladroitement sur un piano de mauvaise qualité à l’élu de son cœur – un bellâtre indifférent – la Valse des Adieux de Chopin, un attendrissement mêlé de pitié s’empare du spectateur subjugué par une mise en scène magnifiant la collégienne insignifiante.
Subtil patchwork douillet et poisseux aux couleurs agressives, fait de pièces de tissu grotesques et d’étoffes sublimes, Welcome to the Dollhouse rend, toujours avec justesse, les sentiments qui se bousculent à l’intérieur du personnage principal, chahutant gentiment le spectateur qui ressort misanthrope et philanthrope de cette impitoyable satire de la société états-unienne, Todd Solondz présentant cette dernière sous un jour on ne peut moins favorable avec un éclairage vitriolé que le DVD rend à la perfection.

Générique:
Welcome to the dollhouse
Réalisation: Todd SOLONDZ
Scénario: Todd SOLONDZ
Interprétation: Heather MATARAZZO (Dawn Wiener), Daria KALININA (la petite sœur Missy), Matthew FABER (le grand frère Mark), Angela PIETROPINTO (Mrs Wiener), Bill BUEL (Mr Wiener), Brendan SEXTON III (Brandon) et Eric MABIUS (Steve Rodgers).
Musique: Jill WISOFF
Durée: 1h28

08.11.2006

LA NOTION DE CADRE

L3 - ESTHETIQUE: CINEMA ET AUTRES ARTS

LA NOTION DE CADRE: Peinture, Photographie, Cinéma, Bande Dessinée, Théâtre...

Que ce soit une toile pour un peintre, une pellicule pour un photographe, un écran pour un cinéaste, un album pour un auteur de bandes dessinées, une scène pour un auteur de théâtre, une galette pour un musicien; toute création humaine se forme de contraintes plus ou moins rigides ayant pour but d'exprimer un sujet. Les disciplines sont nombreuses et les exemples variés, mais elles ont toutes une unité qui les matérialise, c'est la notion de cadre.

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Expose_PDF.pdf

Illustrations :
Feuille_distribuee_1_PDF.pdf
Feuille_distribuee_2_pdf.pdf

Analyse proposée par Spritnoirr.

07.11.2006

UNE PREMIERE POUR LE DVD ! par Quentin C.

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Le spectateur « DVDvore » peut intervenir de façon cohérente dans le déroulement d’un film!




Destination finale 3 de James Wong (2006)

Destination Finale 3 est un mauvais film dans la mesure où l'image est peu soignée (ce qui, pour une œuvre cinématographique – alliage d’éléments visuels et sonores – pose problème). Regrettable, notamment en ce qui concerne le déraillement du grand-huit (dans le flash-forward d’ouverture) pourtant bien introduit – rapport à la montée de l'adrénaline assurée en grande partie par la savante musique de Shirley Walker.
Cela étant, le film réserve d'excellentes surprises telles qu’une vanité cinématographique : la mise à mort d’Ashlyn et Ashley, deux lycéennes mordues de tanning (bronzage artificiel).
Comme dans toute vanité (au sens pictural du terme) qui se respecte, le motif du crâne humain apparaît. Voir les visages radieux des deux adolescentes portant des lunettes de protection contre les U.V . En effet, à la lumière bleue des rayons artificiels elles dessinent des orbites sur les minois souriants des jeunes filles.
Que font Ashlyn et Ashley, enfermées DANS les tanning-beds (dont la fonction – accueillir un corps allongé – évoque sinistrement le motif du cercueil) DANS la tanning-room, DANS le salon de beauté, alors qu’un orage éclate (un coup de tonnerre salue l’entrée en scène des lycéennes avant leur mise à mort) sinon refuser la pluie (l’eau naturelle) pour bénéficier des rayons artificiels de lampes solaires ? Leur mort par le feu devient donc possible – elles sont « à l’abri » de la pluie – et légitime : il est en effet anormal de bénéficier de rayons solaires alors que des nuages noirs obscurcissent le ciel .
Vanité (punie) de l’Homme devant la nature, qui, à trop vouloir l’imiter afin de la supplanter (des UVA à la place de rayons de soleil) s’expose à des dangers « haute-technologie ».

Est-ce alors un hasard si l’on voit les quatre éléments aristotéliciens (l’air climatisé, la condensation d’eau sur un gobelet de soda, un palmier dans un pot rempli de terre et des étincelles provoquées par un court-circuit pour le feu) se liguer contre les deux personnages en interagissant jusqu’à provoquer un incendie mortel?
Incendie auquel les lycéennes n’échappent pas, incarcérées dans leurs tanning-beds par une planche noire coincée dans les poignées des lits/cercueils blancs, enfermées enfin dans un espace obéissant à une logique de symétrie axiale presque parfaite, où un porte-manteaux et un palmier de décoration se répondent, disposés de part et d’autre de la porte d’entrée de la salle de bronzage.
Ces deux éléments obéissent donc à la symétrie axiale régissant l’aménagement de la pièce, soit. Mais un porte-manteaux et un palmier, ce n’est pas la même chose et, en ce temple impitoyable de l’uniformisation qu’est le salon de beauté, ils sont amenés à disparaître de l’image (en tombant) pour participer activement à la mise à mort « accidentelle » d’Ashlyn et Ashley par le feu. En effet, le porte-manteaux fait choir le palmier sur l’étagère noire qui chute à son tour pour verrouiller les tanning-beds avant que l’incendie ne se déclare. Par conséquent, l’élimination de la diversité, du non-conforme, entraîne la disparition du Vivant.
On peut donc voir la mise à mort des deux adolescentes comme un exposé des conséquences mortifères de l’uniformisation des individus et du manque d’humilité de l’Homme face à la nature, lui préférant des univers ultra-géométrisés équipés de dispositifs électroniques sophistiqués pour des raisons futiles, (le soin excessif apporté à son apparence physique).
(NB : L’apothéose de cette vanité cinématographique se situe certainement dans un plan perturbant présentant le visage terrifié d’Ashley à travers une vitre en train de se fendiller sous l’effet de la chaleur dégagée par les lampes solaires déréglées.)

Donc, sous des aspects de blockbuster sans originalité pour teenagers en mal de sensations fortes, Destination Finale 3 offre des scènes et spectaculaires et passionnantes !
Ajoutons que la réflexion (bien trop discrète) sur le rapport image fixe photographique / photogramme de cinéma, atteignant un point culminant avec la mise à mort avortée de Kévin, entretient le plaisir du spectateur (malheureusement rationné en beauté plastique des images). Il pourra se consoler en intervenant dans le déroulement du film sur support DVD, en empêchant, en accélérant ou en modifiant les mises à morts des personnages sans que cela n’affecte la cohérence du récit. Evitant cet écueil, l’édition DVD va plus loin en proposant des alternatives de « meurtres » permettant d’appréhender certains éléments du film sous un angle différent.
Exemple: dans la « version-incendie » du double-meurtre d’Ashlyn et Ashley, les adolescentes sont indirectement tuées par l’implacable symétrie régissant la salle de bronzage, emprisonnées dans cette froide logique géométrique. Dans la « version-électrocution », elles périssent pour avoir réussi à échapper à cette symétrie axiale, créant un fatal déséquilibre.

La possibilité d’intervenir dans le déroulement du film (passionnant dans ses détails visuels et événementiels mais de relativement mauvaise facture) et ce, de façon intelligente, fait de l’interactivité de l’édition une source de plaisirs sans sombrer dans les travers du « DVD-jouet ».

Générique:
Destination finale 3 (titre original : Final destination 3 : cheating death).
Réalisation: James WONG
Scénario: Glen MORGAN et James WONG
Conception des personnages: Jeffrey REDDICK
Photographie: Robert Mc LACHLAN
Musique: Shirley WALKER
Interpretation: Mary Elizabeth WINSTEAD (Wendy Christensen), Ryan MERRIMAN (Kevin Fisher), Chelan SIMMONS (Ashley Freund) et Crystal LOWE (Ashlyn Halperin).
Date de sortie: le 22 mars 2006 en France, 10 février 2006 aux USA
Sortie DVD: le 19 octobre 2006
Origine: USA
Durée: 1h32
Site officiel: http://www.df3-lefilm.com/

JE DIS AIME par Damien

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Un film français ambitieux qui ( pour une fois ) ne déçoit pas.




Ne le dis à personne de Guillaume Canet (2006)

Assassinée le jour de leur anniversaire de mariage, Alex ne peut faire le deuil de Margot. Huit années se sont écoulées lorsque Alex reçoit par mail une vidéo. Sa femme apparaît dessus.

Pas mal comme intrigue. Rien qu'à lire le synopsis à l'entrée du cinéma, je salive d'envie d'en savoir plus. Un amour brisé, un deuil impossible, mais peut-être que quelque chose de mieux va commencer et rien que pour cela, mon envie de suivre Alex est énorme. Bien évidemment tout ne sera pas rose dans sa quête ( entre autre il sera accusé du meurtre de la meilleure amie de Margot, poursuivi par la police, filé par des espions ) mais la puissance et le désir que déploie ce personnage pour arriver à ses fins obligent l'intrigue à lui faire surmonter les obstacles pour enfin qu'il puisse...

D'une intrigue bien ficelée, Guillaume Canet réalise un film efficace, prenant aux tripes, où un homme destabilisé par la vision d'une image se demande ce qu'on lui veut. L'oppression alentour est fortement ressentie dans la première partie du film où la caméra a du mal à s'écarter du visage de François Cluzet et la bande son préfère s'enrichir de bruits répétés énervants que de nous gratifier de la qualité de la bande originale de M. Le film prendra un grand virage quand Alex se procurera la certitude qu'il n'imagine rien, l'oppression disparaissant pour laisser place au désir, et sa détermination éloignera aussi bien les antagonistes que la caméra de sa face. La course poursuite sur le périphérique est stupéfiante et symbolise magnifiquement cette envie de fuite pour partir à la recherche de sa bien-aimée, du bonheur...

La mise en scène très épurée touche à l'essentiel sans en faire des tonnes. Le rythme ne faiblit presque pas jusqu'aux révélations finales qui malgré leurs manques d'originalité satisfont suffisamment le spectateur en quête de vérité depuis déjà un moment. Les acteurs sont tous très crédibles dans leurs rôles. François Cluzet est touchant, qui plus est quand la musique de M accompagne son image. Franchement ce film, il ne restera peut-être pas dans les annales, mais il est vachement bien et c'est déjà beaucoup pour un film français.

Générique:
Ne le dis à personne
Réalisation: Guillaume CANET
Interprétation: François CLUZET, André DUSSOLLIER, Marie-Josée CROZE
Origine: France
Durée : 2h05

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