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24.10.2006

TOUT VA BIEN MONSIEUR LE PRESIDENT ! par Nanie

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A la veille des élections présidentielles, Delplanque nous donne à voir le stéréotype d'un président.



Président de Lionel Delplanque (2006)

Dupontel à la tête de l'état, plutôt risible comme situation surtout quand on a à l'esprit le personnage de Bernie. Néanmoins le comédien prend son rôle très au sérieux, il est assez crédible en costard-cravate même si quelques mimiques le trahisse.
Nayma, sa fille joué par Mélanie Doutey, tombe amoureuse de Mathieu (Jérémie Régnier) fils d'un anarchiste. Il est brillant et entre vite dans le cercle très « sélect » de l'Elysée, le Président le jugera capable d'être son successeur. Le monde serait merveilleux ainsi, n'est ce pas! Mais il est bien connu que les hommes d'états sont corrompus par l'argent et le pouvoir. Alors on cache les essais d'une nouvelle arme aux résultats désastreux, cause secret défense, on paie pour le silence. C'est sans compter sur le petit Mathieu, sauveur des valeurs républicaines?

Lionel Delplanque essaye de nous faire entrer dans le cercle fermé, qu'est ou qui nous parait être, le monde politique français. On passe de vie privée à vie publique mais l'accent est surtout mis sur l'intimité du Président de la République. Delplanque veut nous faire aimer son personnage principal, il le ré humanise en quelque sorte. Il le descend de son piedestale, lui aussi se fait du souci pour son enfant, lui aussi peut se faire virer du jour au lendemain et lui aussi à une vie sexuelle... mais les enjeux ne sont évidement pas les mêmes.

D'un point de vue esthétique, on peut s'arrêter sur la première séquence qui pose les bases du film en montrant les débuts en politique du Président. Les procédés utilisés sont simples: filtre, ralentis..., ils développent l'aspect émotionnel de la séquence. Mais c'est surtout l'utilisation de la musique qui accentue ce phénomène, elle habille la séquence de l'élégance d'une danse sensuelle alors que l'on assiste au bal des vampires.
Dans son ensemble, le film développe très largement le thème de l'image dans la société notamment dans la scène de réunion où un grand portrait du président est accroché au mur. Celui ci ne cessera , dans toute la séquence d'être en confrontation ou en adéquation avec son image, situation créée aussi par le discours qu'il tient.

Tout au long du film, le réalisateur remet en question notre perception des images qui nous environnent et que l'on subit plus ou moins. Ici, il nous les présente comme étant fausses et manipulatrices. D'une certaine manière il remet en cause le cinéma lui même, qui n'est après tout qu'un défilement d'images. Il n'a donc pas la prétention de montrer LA vérité dans son film puisque les images ne donne que l'illusion de la réalité.
Les plans sont très travaillés, la composition de l'arrière plan par rapport au premier est étudié de manière à imposer la présence du président telle une chape de plomb.
Cette grande structuration nous amène à une certaine réflexivité dans le sens ou le spectateur prend conscience d'être devant la démonstration des compétences du réalisateur. Ce manque de subtilité rend les effets de mise en scène trop perceptibles.

Peu de film en France parle de l'intérieur de la politique nationale, Delplanque a tenté une intrusion qui ne fonctionne pas, il ne nous fait pas entrer en profondeur dans l'intrigue. Ce qui induit un scénario trop léger.
Ce film, au sujet prometteur et à la qualité photographique notable sans être merveilleuse, ne va pas au bout de ses objectifs et en est donc décevant.

Générique
Réalisation: Lionel DELPLANQUE
Scénario: Lionel DELPLANQUE , Raphael MELTZ
Interprètation: Albert DUPONTEL, Jérémie RÉGNIER, Mélanie DOUTEZ, Claude RICH...
Musique: Frédéric TALQORN
Décors: Jacques ROUXEL
Durée: 1h37

19.10.2006

PROMIS, ON S'EN SOUVIENDRA... par Charlotte Géron

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Quatre ans après son premier film, Zabou Breitman revient avec une oeuvre ambitieuse et réussie, qui confirme ce qu’on avait alors soupçonné : elle est douée pour les belles choses.



L’homme de sa vie de Zabou Breitman (2006)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’intrigue ne paye pas de mine : le couple Frédérique et Frédéric, joué par Léa Drucker et Bernard Campan, voit sa douce petite vie menacée par la présence d’Hugo (Charles Berling), voisin homosexuel et énigmatique dont Frédéric tombe amoureux.

Au-delà d’une histoire d’amour, c’est une histoire de corps que la mise en scène relate à merveille : ils se séparent, se cherchent, se touchent… ce corps est omniprésent, jusque dans les événements secondaires (la tentative de viol sur Ilse, par exemple).
Zabou avait déjà frappé fort en 2002 avec le poétique Se souvenir des belles choses, qui avait révélé un Bernard Campan dans son premier rôle dramatique. Elle fait ici preuve d’une ambition supplémentaire, qui réside dans la construction alambiquée de son film. Par moment, elle tient du rêve, avec des séquences de danse, où les personnages arrêtent le temps, commentent ce qu’ils voient, dissertent sur l’amour… Le reste s’apparente à un travail de mémoire semblable à celui qu’on avait pu voir dans Eternal sunshine… : cette tranche de vie nous est racontée dans le désordre, un peu comme surgissent les souvenirs.

On pourra reprocher un rythme lent commun à beaucoup de frenchies, mais ce qui pourrait apparaître comme un défaut se fait merveille : la poésie trouve sa juste place. D’autre part, la musique vient donner au film un air de vacances, et en même temps la gravité nécessaire pour en faire une œuvre délicate. La bande originale est subtile et variée, et souligne magnifiquement l’atmosphère un brin mélancolique.

La mise en scène est servie par des acteurs sublimes : Léa Drucker est débordante de naturel et de fraîcheur. Son éblouissante féminité rappelle le charme discret d’une Agnès Jaoui, et c’est exquis. De son côté, Bernard Campan réaffirme sa place parmi les comiques qui tiennent la route dans les rôles dramatiques (dans la même veine, Benoît Poolvoerde dans Entre ses mains, et plus récemment Kad Merad dans Je vais bien, ne t’en fais pas). Il est excellent dans le rôle de cet homme idéaliste bousculé dans son amour tranquille et dans le monde sécurisant de la tendresse. Charles Berling quant à lui est rayonnant et séduisant comme jamais dans sa partition ambiguë. On en redemande.

Même le générique de fin s’apprécie, laissant une place au silence, avant de reprendre un thème musical du film. La perfection de bout en bout… L’homme de sa vie est un chef-d’œuvre. Merci Zabou : toutes tes belles choses, promis, on s’en souviendra…

Générique
L’homme de sa vie
Réalisation: Zabou BREITMAN
Scénario: Zabou BREITMAN, Agnès DE SACY
Interprètation: Bernard CAMPAN, Charles BERLING, Léa DRUCKER
Origine: France
Durée: 1h54

UN CRIME PARFAIT ?... , par Charlotte Géron

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…ou comment Harvey Keitel sauve de la noyade le film d’un français trop ambitieux.






Un crime de Manuel Pradal (2006)

Dans la famille « navet », qui est le petit dernier ? « Un crime », sans aucun doute.

Le scénario est sans relief. Dommage pour ce thriller écrit, entre autres, par Tonino Benacquista (scénariste de La boîte noire), dont l’idée était pourtant prometteuse.
New York. Vincent est un homme furieux dont la femme a été assassinée par un chauffeur de taxi (dans quelles circonstances ? c’est vague. Pourquoi ? on ne saura jamais…). Alice (Emmanuelle Béart), sa voisine amoureuse de lui, trouve un moyen de faire en sorte que le jeune homme reprenne goût à la vie et s’intéresse à elle : elle lui fabrique un meurtrier à partir des détails de l’enquête qu’elle a pu obtenir. C’est là qu’entre en scène Roger (Harvey Keitel), un chauffeur de taxi transformé en coupable idéal avec de fausses preuves semées par Alice…
Les personnages se révèleront tour à tour innocents et coupables, parfois de façon abracadabrante :
Roger se révèle être le véritable meurtrier de la femme de Vincent : incroyable qu’Emmanuelle Béart, sur les milliers de chauffeurs de taxi new-yorkais, soit tombée justement sur le bon…
Vincent, victime de la (fausse) supercherie d’Alice, tente de tuer Roger qui, ligoté dans le coffre de son véhicule, échappe miraculeusement à une noyade certaine…
Alice se retrouve contrainte de suivre Roger, amoureux d’elle, qui menace de les dénoncer à la police elle et Vincent si elle ne lui obéit pas… elle finit par le tuer sans aucun remords…
Pas de chance, le suspense est absent : on voit trop bien où Alice veut en venir, certains dialogues sont téléphonés. Les personnages d’Alice et de Vincent sont sans aucune profondeur, et sont de surcroît mal interprétés : un veuf qui n’a jamais l’air ni triste ni en colère, une Emmanuelle Béart décidément inexpressive, et qui joue de vulgarité et de nudité là où elle devrait être sensuelle…
On aurait pu noter qu’une partie de la musique a été composée par Ennio Morricone (qui après avoir vu le film, n’a pas souhaité être crédité au générique… comme on le comprend !) mais même la musique sent le réchauffé…
Malgré tout, l’ambition de tourner en décors naturels à New York est louable, et le film nous offre de belles vues de la ville. La relation entre Alice et Roger est également filmée de façon intéressante, mais sans plus.

Heureusement, Harvey Keitel est là : lui dégage quelque chose (comme toujours !) et porte tout le film sur ses épaules… lourde tâche ! Son personnage est d’ailleurs un peu plus fouillé, mais mériterait encore d’être approfondi.

Au final, Manuel Pradal nous offre un film ambitieux mais qui tombe à l’eau.
L’intérêt de ce film ? Les seins d’ Emmanuelle Béart pour les amateurs de X (ils seront servis). Harvey Keitel pour les autres. Ni plus, ni moins.

Générique
Un crime
Réalisation : Manuel PRADAL
Scénario : Manuel PRADAL, Tonino BENACQUISTA
Interprètation : Harvey KEITEL, Emmanuelle BEART, Norman REEDUS
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h42

RÉDEMPTION, par Ceelya

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Sorti en 1992, Bad Lieutenant n’a rien perdu de sa force, apanage des œuvres dont les sujets retentissent à travers tous les âges.


Bad Lieutenant d’ Abel Ferrara (1992)

Le Bad Lieutenant passe sa vie entre paris perdus, shoots répétés, luxure et autres vices en tous genres jusqu’au jour où une jeune nonne se fait violer dans une église de Spanish Harlem.

Loin de s’identifier au Lieutenant (ou proche de le faire mais honteux de l’avouer), nous sommes face à un homme dont les péchés sont l’unique capital et l’assouvissement des vices la seule motivation.

Si seulement…si seulement Abel Ferrara et Zoe Lund n’avaient pas reflété la naissance du mal d’un siècle, si seulement Keitel ne lui avait pas donné sa chair, alors seulement on aurait pu le juger et satisfaire notre besoin de « justice » outrageusement subjectif et sortir de la salle, ou éteindre la télé en disant : « ce type est quand même un monstre. »

Mais le Lt. retentit à travers chaque alcoolique, chaque pulsion, réprimée ou non, chaque moment de solitude, sur chaque teinte de gris ou de noir qui lézarde notre façade. Il est au bout de la chaîne des potentialités de notre devenir en tant qu’individu…il est du côté de l’instinct qui finit par supplier le pardon pour avoir mal agit en criant haut et fort qu’il sait ce qu’il a fait : « I did so many bad things. »…mais il n’est pas à l’état d’animal, même s’il rampe à quatre pattes jusqu’aux pieds sanguinolents du Christ ressuscité.

Seul le corps de Keitel, ancien marine, ayant connu des jours pires et d’autres pires encore, pouvait élever le poids, le fardeau de cet homme, de ce père, de ce mari, de ce catholique qui a bien du connaître le bon côté de la médaille avant d’y voir son reflet dans le revers. Malgré la noirceur nocturne et pesante de cette œuvre si importante qui traverse avec acuité les questions d’humains et de dieux (les uns étant souvent les autres), c’est une fin positive qu’offre le film en dépit des apparences…ces apparences qui mettent en évidence la chair d’un humain, chair qui danse, se troue sous une seringue, se plisse au coin des yeux et sous la bouche quand le Lt. pleure, chair que rien ne différencie de la notre si ce n’est que le poids de nos jours n’a pas autant musclé nos épaules.

Parler de ce chef d’œuvre est une tâche à laquelle je devais m’atteler pour en éprouver la difficulté. Je ne peux en réalité que vous inviter à le regarder et à en parler à votre tour, car si les subjectivités se confrontent, elles se forgent aussi dans l’échange. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Générique:
Bad Lieutenant
Réalisateur: Abel Ferrara,
Scénario: Abel Ferrara et Zoe Lund,
Interprètes: Harvey Keitel, Zoe Lund, Victor Argo, Paul Calderon, Robin Burrows, Leonard L. Thomas, Frankie Thorn, Victoria Bastel, Paul Hipp.
Durée: 1h38.

Bad Lieutenant coffret collector :
1er DVD : le film
2ème DVD : documentaire Abel Ferrara : Not Guilty par Raffi Pits
+ deux analyses de séquences par Nicole Brenez
+ interview de Nicole Brenez sur l’univers de Zoe Lund
+ Hot Ticket, court-métrage de Zoe Lund.
Livret de 80 pages sur le film, rédigé par Nicole Brenez.

06.10.2006

NOM DE ZEUS ! par "Pirate"

medium_retour_vers_le_futur1.jpgDeLorean, gigo watts, commutateur temporel, Einstein… Ces mots sonnent à vos oreilles comme un air bien connu qu’on fredonne avec plaisir ? Rien de plus normal. Dans le cas contraire c’est un grave manquement au bon sens auquel il faut remédier le plus vite possible.

Retour Vers le Futur I, II, III de Robert Zemeckis. (1985, 1989, 1990)

Retour vers le futur. 1985. Marty Mc Fly (Michael J. Fox) est un adolescent comme les autres, ou presque. Ami de l’excentrique génie Doc Emmet Brown (Christopher Lloyd), il va se retrouver victime de la plus géniale de ses inventions, sa DeLorean à voyager dans le temps. Par un malheureux concours de circonstances, Marty va se retrouver en 1955. Dans ce passé qu’il ne connaît pas, une seule personne peut l’aider à retourner dans son époque, Doc lui-même mais de trente années plus jeune. Premier problème : le voyage dans le temps est permis par le plutonium que consomme la voiture ou à défaut, comme c’est le cas en 1955, par l’énergie de la foudre. Encore faut-il savoir où et quand elle va tomber. Deuxième problème : avant de retrouver Doc, Marty a malencontreusement rencontré ses futurs parents et empêché leur rencontre, ce qui compromet son existence même…

Retour vers le futur II. 1985. Marty vient à peine de revenir du passé que déjà il lui faut repartir. Doc, qui était parti voir le futur, vient lui annoncer que son futur fils à des problèmes, en 2015, et que ceci peut s’avérer désastreux pour l’avenir de sa famille. Problème réglé rapidement sauf que, de retour en 1985, rien n’est plus pareil. L’horrible Biff Tanen est devenu milliardaire et a épousé la mère de Marty. Ce dernier va alors découvrir que lors de son voyage en 2015, le vieux Tanen, qui les observait, s’est servi de la DeLorean à leur insu pour se rendre en 1955 et donner un précieux almanach à quelqu’un qu’il connaît bien, lui-même jeune. Cet almanach contient tous les résultats sportifs à venir dont le jeune Tanen va évidemment se servir pour devenir riche. Marty et Doc vont donc devoir retourner vers le passé pour détruire l’almanach et faire en sorte que les choses rentrent dans l’ordre. Mais, alors qu’ils s’apprêtent à rentrer en 1985, Doc au volant de la DeLorean va être malencontreusement frappé par la foudre. Marty se retrouve donc coincé une nouvelle fois dans le passé. C’est alors qu’un homme arrive de nulle part pour lui remettre une lettre qui porte l’inscription : « Ne pas ouvrir avant 1955 »…

Retour vers le futur III. 1955. Doc, vient d’être frappé par la foudre, ce qu’il l’a emmené en 1880, au Far West. Marty doit donc retrouver le Doc de 1955 afin que celui-ci le renvoie une nouvelle fois chez lui, grâce à la DeLorean que le Doc qui vit au Far West a habilement caché pour qu’il puisse la retrouver 85 ans plus tard. Malheureusement, ce retour va être compromis par un incident de taille : dans le cimetière de la ville, une tombe porte le nom d’Emmet Brown. En effectuant des recherches, Marty va alors découvrir que son ami a été tué en 1880 par un ancêtre de Biff Tanen. Il va donc devoir se rendre au Far West pour sauver Doc, avant de rentrer chez lui et de détruire la DeLorean…


Qui aujourd’hui ne connaît pas cette trilogie cultissime ? Et, question subsidiaire mais tout aussi importante : qui n’aime pas les Retour Vers le Futur ? Je n’ai jamais rencontré une seule personne dans ma vie qui n’ai jamais vu un des trois film pas plus que je n’ai rencontré quelqu’un qui n’ai pas aimé. Alors pourquoi écrire sur des films que tout le monde a vu et apprécié ? Je crois que c’est tout simplement pour le plaisir de parler encore et encore de tout ce qui fait le charme de ces œuvres. De plus, et j’en suis profondément triste, le génialissime et talentueux Christopher Lloyd, est décédé il y a peu de temps. Je suis sur que vous serez tous d’accord pour dire que cet homme n’a jamais eu le succès qu’il méritait malgré le fait qu’il ai intensément marqué nos esprits, et qu’il serait juste qu’on lui rende les hommages qui lui sont dus. Alors marquons une minute de silence à la mémoire de Christopher Lloyd Le Magnifique…
Une des nombreuses qualités de ces trois opus sont les performances des acteurs principaux. Géniaux dans des rôles qui leurs vont comme un gant, Michael J. Fox et Christopher Lloyd sont inoubliables ! Qui n’a pas été marqué par les jurons de Doc ou les courses poursuites en skateboard ou overboard de Marty qui finissent toujours dans les décors (ou le fumier) pour ses poursuivants ? Débordants d’énergie et d’humour, on a toujours beaucoup de plaisir à retourner inlassablement dans le futur en leur compagnie. Bref, il est difficile de ne pas paraître trop élogieuse à leur sujet tant ils sont jubilatoires tout au long des trois opus. Cependant, je ne doute pas être suivie de la grande majorité…
Le scénario est, quant à lui, tout aussi génial. Très originale pour l’époque, cette histoire est sans aucun doute bien écrite et bien pensée, d’autant que, et ce n’est pas le cas pour toutes les suites, les deux derniers opus ne perdent pas en qualité. Ce scénario un peu fou à d’ailleurs été nominé aux oscars (que nominé ?), et il a d’intéressant que, et c’est assez unique, les divers épisodes permettent de voyager dans le temps et donc de revenir sur des scènes déjà vues mais dirigées sous un autre angle. Parce que la réalisation est également d’enfer ! Tout est à la fois sous tension et tordant. Retour Vers le Futur, quel que soit son numéro c’est du Rock’n Roll pure. Franchement, pour m’être repassé pour la centième fois au moins les trois épisodes il y a une semaine, ont peut dire qu’ils n’ont pas pris une ride. Le plaisir est toujours aussi grand, les situations toujours aussi cocasses et les effets spéciaux qui commencent mine de rien à dater marchent toujours aussi bien.
Enfin, il ne faut pas que j’oublie de mentionner la bande originale que, j’en suis sure, personne n’a oubliée. Que ce soit le thème principal, « Johnny B. Goode » (C. Berry), « Heaven is One Step Away » (E. Clapton) ou encore « Power of Love » (J. Colla, C. Hayes, H. Lewis), elles rythment les films avec charme et humour. Une petite tendresse de ma part pour la scène dans laquelle Marty se fait la célèbre chanson de Chuck Berry à sa façon…
Alors, en résumé, on dit quoi de Retour Vers le Futur I, II et III ? Un scénario original et une idée superbe, une réalisation impeccable, des acteurs absolument fabuleux, une bande originale qui nous a tous marqués… Bref, un énorme succès qui mérite sans aucun doute toutes ses louanges et son statut de film(s) culte(s)

Générique
Retour Vers le Futur I, II, III
Réalisation: Robert ZEMECKIS
Scénario : Robert ZEMECKIS et Bob GALE
Interprètes: Michael J. FOX, Christopher LLOYD, Lea THOMPSON, Crispin GLOVER
Production : Bob GALE et Neil CANTON
Producteurs exécutifs : Steven SPIELBERG, Kathleen KENNEDY et Franck MARSHALL
Musique : Alan SILVESTRI

Prochain article de "Pirate": L'Etrange Noël de Monsieur Jack d'Henry Selick

05.10.2006

LA JOLIE RENTRÉE DU CINÉMA FRANCAIS, par Charlotte Géron

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Au jeu de l'adaptation, certains se révèlent plus doués que d'autres: Philippe Lioret fait sûrement partie de ces bons, revisitant à sa façon (brillante) un roman assez décevant.



Je vais bien, ne t'en fais pas de Philippe Lioret (2006)

Sur un coup de tête, je décide d’aller voir Je vais bien, ne t’en fais pas. Je n’en ai jamais entendu parler : je boude mon magazine de cinéma ces temps-ci, j’ai donc dû louper l’article qui y était consacré.
Est-ce le synopsis proposé par les affichettes du CGR ? ou bien la perspective de voir Kad Merad dans un film qui n’a absolument pas l’air d’une comédie ? (j'adore les contre-emplois)… Peu importe. J’ai envie.
Une heure, quarante minutes et deux Kleenex plus tard, je sors.

Prévisible, le scénario. On sent bien dès le départ que les parents ont quelque chose à cacher, et que ça ne tourne pas bien rond dans cette famille aux airs tranquilles. On n’imagine que trop bien que Lili ne reverra jamais son jumeau Loïc.
Prévisible, l’histoire d’amour entre la fragile Lili et le gentil Thomas. Il n'a d'yeux que pour elle dès le début du film.
Prévisible (et lourd), le leitmotiv musical. La chanson écrite par Loïc à sa soeur se laisse écouter lorsque la jeune fille la découvre. Mais on tente d’en faire une chanson-émotion, comme pour faire ressentir la présence de Loïc, en la glissant un peu partout (jusque dans le générique de fin)… Pas de chance : la balade-rock est lassante, du coup on tombe plutôt dans la chanson-mièvrerie.

Et pourtant… on se laisse charmer…
…Par Mélanie Laurent. Elle est tourmentée, oscille entre panique et lucidité, fragilité et détermination, courage et renoncement, avec une justesse éblouissante. Elle est merveilleuse dans la légèreté comme dans l’anorexie, et illumine le film de sa seule présence.
...Par Kad Merad. A mille lieues des délires qui le lient à Olivier Barroux, il est brillant dans son rôle sobre et tout en retenue, campant un homme incapable de dire aux gens qu’il les aime. Il est simplement émouvant, et rappelle un peu la performance qu’avait offert Bernard Campan dans Se souvenir des belles choses, après Les trois frères et autres Rois Mages. Tout simplement fabuleux.
…Par la mise en scène qui a tout bon : pas de fioritures, elle se fait oublier et laisse la place aux comédiens.
…Par cette histoire d’un père pudique et généreux qui veut protéger sa fille sans le lui dire. Un homme qui avoue, par des chemins détournés, qu’il redoute de voir sa fille suivre son exemple, lui qui a raté sa vie.
…Par cette histoire humaine sur la difficulté d'avouer aux gens qu'on les aime (thème cher au réalisateur), qui suggère cet amour profond en évitant un déballage de sentiments trop mal édulcorés.

Malgré ses défauts (mais qui n’en a pas !), Je vais bien… est donc à voir sans modération pour les âmes sensibles. Quant aux phobiques des bons sentiments, ils peuvent y aller aussi : Philippe Lioret a réussi son adaptation en évitant la sensiblerie. Je vais bien… est comme les gens qu’on aime : imparfait, mais vrai.

Et donc, à peine sortie du cinéma, je m’engouffre dans une librairie, à la recherche du livre éponyme dont est tiré le film, et je me plonge dans le roman d'Olivier Adam.
C’est un brin déçue que j’en émerge un peu plus tard : après le superbe film que je viens de voir, ce que je tiens dans mes mains est plutôt insipide.

Claire (nom de Lili dans le roman) semble avoir fait le deuil de son frère, l'histoire se déroulant sur plusieurs années dans l'œuvre littéraire. Elle semble un peu niaise comparée à une Lili lucide, d'autant plus qu'elle vit dans l'ombre de son frère : un Loïc qui faisait tout mieux qu'elle, qui saurait paraître à l'aise là où elle est gauche, qui saurait se débrouiller dans les situations où elle panique, qui saurait la protéger, bla bla bla… Là où Claire se morfond, Lili est révoltée. Et même si toutes les deux partent finalement à la recherche du frère, la réaction semble improbable chez Claire, alors qu'on ne conçoit pas que Lili fasse autre chose.

Une jeune fille marquée par la disparition de son frère, officiellement parti de la maison sans laisser d'adresse, mais dont le décès est caché par les parents : certes la trame de l’histoire est la même. Mais il manque au roman ce qui fait tout le sel du film : l'extrême. La lucidité de Lili, sa colère, sa détresse.
Les mots seraient-ils impuissants à décrire une discrète mais irréfutable preuve d’amour d'un père pour sa fille avec suffisamment d'émotion ?
Car je n’ai pas vu la trace de tout cet amour dans le roman, c’est probablement de là que vient ma déception.

Du coup, même si Olivier Adam a la réputation d’être un excellent romancier, j’hésite encore à me pencher sur ses autres œuvres. Par contre, sachant ce que Philippe Lioret a fait de Je vais bien…, il est probable que son prochain film m’attire vers les salles. Juste pour voir…

Générique
Je vais bien, ne t’en fais pas
Réalisation : Philippe Lioret
Scénario: Philippe Lioret et Olivier Adam, d’après un roman de Olivier Adam
Interprètes: Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renauld, Aïssa Maïga, Simon Buret…
Musique : Nicola Piovani
Photographie : Sacha Wiernik
Origine: France
Durée: 1h40

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