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24.10.2006

TOUT VA BIEN MONSIEUR LE PRESIDENT ! par Nanie

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A la veille des élections présidentielles, Delplanque nous donne à voir le stéréotype d'un président.



Président de Lionel Delplanque (2006)

Dupontel à la tête de l'état, plutôt risible comme situation surtout quand on a à l'esprit le personnage de Bernie. Néanmoins le comédien prend son rôle très au sérieux, il est assez crédible en costard-cravate même si quelques mimiques le trahisse.
Nayma, sa fille joué par Mélanie Doutey, tombe amoureuse de Mathieu (Jérémie Régnier) fils d'un anarchiste. Il est brillant et entre vite dans le cercle très « sélect » de l'Elysée, le Président le jugera capable d'être son successeur. Le monde serait merveilleux ainsi, n'est ce pas! Mais il est bien connu que les hommes d'états sont corrompus par l'argent et le pouvoir. Alors on cache les essais d'une nouvelle arme aux résultats désastreux, cause secret défense, on paie pour le silence. C'est sans compter sur le petit Mathieu, sauveur des valeurs républicaines?

Lionel Delplanque essaye de nous faire entrer dans le cercle fermé, qu'est ou qui nous parait être, le monde politique français. On passe de vie privée à vie publique mais l'accent est surtout mis sur l'intimité du Président de la République. Delplanque veut nous faire aimer son personnage principal, il le ré humanise en quelque sorte. Il le descend de son piedestale, lui aussi se fait du souci pour son enfant, lui aussi peut se faire virer du jour au lendemain et lui aussi à une vie sexuelle... mais les enjeux ne sont évidement pas les mêmes.

D'un point de vue esthétique, on peut s'arrêter sur la première séquence qui pose les bases du film en montrant les débuts en politique du Président. Les procédés utilisés sont simples: filtre, ralentis..., ils développent l'aspect émotionnel de la séquence. Mais c'est surtout l'utilisation de la musique qui accentue ce phénomène, elle habille la séquence de l'élégance d'une danse sensuelle alors que l'on assiste au bal des vampires.
Dans son ensemble, le film développe très largement le thème de l'image dans la société notamment dans la scène de réunion où un grand portrait du président est accroché au mur. Celui ci ne cessera , dans toute la séquence d'être en confrontation ou en adéquation avec son image, situation créée aussi par le discours qu'il tient.

Tout au long du film, le réalisateur remet en question notre perception des images qui nous environnent et que l'on subit plus ou moins. Ici, il nous les présente comme étant fausses et manipulatrices. D'une certaine manière il remet en cause le cinéma lui même, qui n'est après tout qu'un défilement d'images. Il n'a donc pas la prétention de montrer LA vérité dans son film puisque les images ne donne que l'illusion de la réalité.
Les plans sont très travaillés, la composition de l'arrière plan par rapport au premier est étudié de manière à imposer la présence du président telle une chape de plomb.
Cette grande structuration nous amène à une certaine réflexivité dans le sens ou le spectateur prend conscience d'être devant la démonstration des compétences du réalisateur. Ce manque de subtilité rend les effets de mise en scène trop perceptibles.

Peu de film en France parle de l'intérieur de la politique nationale, Delplanque a tenté une intrusion qui ne fonctionne pas, il ne nous fait pas entrer en profondeur dans l'intrigue. Ce qui induit un scénario trop léger.
Ce film, au sujet prometteur et à la qualité photographique notable sans être merveilleuse, ne va pas au bout de ses objectifs et en est donc décevant.

Générique
Réalisation: Lionel DELPLANQUE
Scénario: Lionel DELPLANQUE , Raphael MELTZ
Interprètation: Albert DUPONTEL, Jérémie RÉGNIER, Mélanie DOUTEZ, Claude RICH...
Musique: Frédéric TALQORN
Décors: Jacques ROUXEL
Durée: 1h37

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