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19.10.2006
PROMIS, ON S'EN SOUVIENDRA... par Charlotte Géron

Quatre ans après son premier film, Zabou Breitman revient avec une oeuvre ambitieuse et réussie, qui confirme ce qu’on avait alors soupçonné : elle est douée pour les belles choses.
L’homme de sa vie de Zabou Breitman (2006)
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’intrigue ne paye pas de mine : le couple Frédérique et Frédéric, joué par Léa Drucker et Bernard Campan, voit sa douce petite vie menacée par la présence d’Hugo (Charles Berling), voisin homosexuel et énigmatique dont Frédéric tombe amoureux.
Au-delà d’une histoire d’amour, c’est une histoire de corps que la mise en scène relate à merveille : ils se séparent, se cherchent, se touchent… ce corps est omniprésent, jusque dans les événements secondaires (la tentative de viol sur Ilse, par exemple).
Zabou avait déjà frappé fort en 2002 avec le poétique Se souvenir des belles choses, qui avait révélé un Bernard Campan dans son premier rôle dramatique. Elle fait ici preuve d’une ambition supplémentaire, qui réside dans la construction alambiquée de son film. Par moment, elle tient du rêve, avec des séquences de danse, où les personnages arrêtent le temps, commentent ce qu’ils voient, dissertent sur l’amour… Le reste s’apparente à un travail de mémoire semblable à celui qu’on avait pu voir dans Eternal sunshine… : cette tranche de vie nous est racontée dans le désordre, un peu comme surgissent les souvenirs.
On pourra reprocher un rythme lent commun à beaucoup de frenchies, mais ce qui pourrait apparaître comme un défaut se fait merveille : la poésie trouve sa juste place. D’autre part, la musique vient donner au film un air de vacances, et en même temps la gravité nécessaire pour en faire une œuvre délicate. La bande originale est subtile et variée, et souligne magnifiquement l’atmosphère un brin mélancolique.
La mise en scène est servie par des acteurs sublimes : Léa Drucker est débordante de naturel et de fraîcheur. Son éblouissante féminité rappelle le charme discret d’une Agnès Jaoui, et c’est exquis. De son côté, Bernard Campan réaffirme sa place parmi les comiques qui tiennent la route dans les rôles dramatiques (dans la même veine, Benoît Poolvoerde dans Entre ses mains, et plus récemment Kad Merad dans Je vais bien, ne t’en fais pas). Il est excellent dans le rôle de cet homme idéaliste bousculé dans son amour tranquille et dans le monde sécurisant de la tendresse. Charles Berling quant à lui est rayonnant et séduisant comme jamais dans sa partition ambiguë. On en redemande.
Même le générique de fin s’apprécie, laissant une place au silence, avant de reprendre un thème musical du film. La perfection de bout en bout… L’homme de sa vie est un chef-d’œuvre. Merci Zabou : toutes tes belles choses, promis, on s’en souviendra…
Générique
L’homme de sa vie
Réalisation: Zabou BREITMAN
Scénario: Zabou BREITMAN, Agnès DE SACY
Interprètation: Bernard CAMPAN, Charles BERLING, Léa DRUCKER
Origine: France
Durée: 1h54
16:50 Publié dans FILMS EN SALLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Films, Réalisateurs
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